jeudi 24 mai 2012

VIENS, ESPRIT DE DIEU !


Dimanche de la Pentecôte

“Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand !”
“Bénis le Seigneur”, parce qu’Il va déverser sur toi l’abondance de son amour !
“Bénis le Seigneur”, parce qu’il va déverser sur toi et sur les hommes qui t'accepteront ses sept dons et faire de toutes ces âmes plus que des anges: Il va faire des hommes qui accepteront les dons de l'Esprit Saint, des hérauts de l’Évangile, des annonceurs de la divine Parole !
“Béni le Seigneur, ô mon âme” et “réjouis-toi dans le Seigneur”, car Il va “remplir la terre de tous ses biens” !
Voici la Pentecôte de l’amour ! L’Esprit de Dieu vient sur nous !
Faisons silence dans nos âmes et attendons cette venue qui nous transformera, qui nous apportera une vie nouvelle et nous fera brûler au feu de l’amour divin.
Prosternons-nous et adorons la Trinité Sainte, dans un grand silence plein d'amour, pour mieux sentir, pour mieux recevoir et conserver ce feu brûlant d’amour que le Seigneur nous promet.
Comme les Apôtres réunis dans le Cénacle, restons unis dans la prière, une prière fervente et pleine de foi, de cette foi qui fait se mouvoir les montagnes et osons crier notre amour, notre joie à l’arrivée de Hôte céleste : “Viens, Esprit de Dieu, viens nous consoler” !
Viens, “Consolateur souverain, Hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur”, viens nous consoler !
“Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit”, nous explique l’auteur des Actes.
En ce qui nous concerne, sans préjuger de la volonté même du Seigneur, contentons-nous d’être remplis de son Esprit, car le don des langues est un don particulier qui nécessite un autre don : celui de l’interprétation. Demandons donc à l’Esprit Saint de nous remplir de son amour, et remplis de cet amour-feu, nous n’aurons besoin de rien d’autre ; en possédant cet amour-feu, nous aimerons sans mesure aussi bien le Seigneur notre Dieu que notre prochain, comme nous le commande la loi divine.
C’est cela que saint Paul, dans son épître aux Galates recommande, à eux et à nous : “vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu: alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair”. L'Écriture dit, en effet, que ceux qui se laissent happer par elle, la chair, “ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu”. Soyons purs, comme pur est l’Esprit qui vient en nous.
Sachons, frères, que cet Esprit produit en nous des fruits formidables : “amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi”.
Avons-nous besoin d’autre chose pour nos vies ? Non ! Alors “laissons-nous conduire par l'Esprit”, comme nous le conseille saint Paul.
Implorons ce même Esprit divin qui “lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guérit ce qui est blessé”, afin qu’Il “assouplisse ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rende droit ce qui est faussé”.
“J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter”, nous dit Jésus. Oui, nous sommes faibles, même quand nous nous sentons forts, et nous serons forts, quand nous nous sentirons faibles, car c’est dans l’humilité de nos cœurs, que nous recevrons “l'Esprit de vérité”, cet Esprit plein d’amour et de tendresse, qui nous “guidera vers la vérité tout entière”.
“L'Esprit de vérité qui procède du Père” “donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle”. Amen.

Alphonse Rocha

dimanche 6 mai 2012

ET SI TOUT RECOMMENÇAIS ? - 2


QUE FAIRE ?

Donc, nous devons d'abord aimer Dieu. Et si nous aimons Dieu et gardons ses commandements, alors, tout naturellement, nous aimons nos frères. N'est-ce pas à cela que nous devrions revenir ? Voici qu'il nous faut recommencer, mais recommencer à aimer Dieu. Oui, nous nous retrouvons au commencement lorsque Dieu dit à l'Homme : “Je t'aime ! Toi aussi aime-Moi. Et pour cela, ne mange pas du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et observe mes commandements, le mode d'emploi de l'amour.” Maintenant, nous savons comment nous devons recommencer : aimer Dieu d'abord, Le prier, L'aimer, Le servir, vivre pour Lui et avec Lui, et redire sans cesse : “Dieu premier servi !”

Revenons à Jésus. Il dit : “Tout est accompli !” et Il meurt. Mais en réalité tout commence, car Jésus ressuscite. Et, en plus, Il est là, tout près de nous, dans l'Eucharistie. Et quand nous prions, malgré nos doutes, tout est accompli par Jésus le Sauveur, mais tout commence. Oui, tout commence, car Jésus, juste avant de quitter ses apôtres au moment de son Ascension, leur a dit : “Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au Nom du Père, et de Fils et du Saint-Esprit.” Et, en même temps, les persécutions ont commencé. Il ne pouvait pas en être autrement, car Jésus nous avait prévenus : “Comme ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront !” Les persécutions durent depuis ce temps, et elles continueront, soit issues de l'extérieur, persécutions directes et brutales, soit émanant de l'intérieur : hérésies, divisions, etc…

Quand on pense aux hérésies, on reste étonné. Comment cela est-il possible ? Comment peut-on “tordre” ainsi l'Écriture ? Alors viennent les divisions, et de nouveau des persécutions, des guerres, des tortures, des réformes déformées, des volontés de détruire l'Église, etc… Nous avons vécu tout cela au cours du XXème siècle. Et aujourd'hui, il y a toujours des hérésies, des sectes, et des divisions, des actions de Satan, visibles ou perfides, des maladies, des échecs, des suicides, et tant de malheurs parce que Dieu n'est plus là. Et tout semble s'écrouler dans l'Église. C'est comme si l'Église n'avait plus la foi : les fidèles sont à l'abandon, le catéchisme est devenu insignifiant, l'ignorance est parfaite. Il n'y a plus de morale, plus de commandement de Dieu, plus d'amour… Notre tour de Babel tremble ; bientôt elle va s'effondrer.

Mais l'Église renaîtra et recommencera. Déjà de nouveaux apôtres se manifestent et cherchent à réévangéliser. Cela ne se voit pas encore, car tout n'est pas encore accompli, et l'on peut prévoir beaucoup de souffrances pour ceux qui croient encore et qui sont persécutés, perfidement pour les uns, ou plus ouvertement chez les autres. Jésus a dit : “Quand le Christ reviendra, trouvera-t-Il encore la foi sur la terre ?” Alors faut-il que notre monde descende encore plus bas avant que tout soit accompli ? Pourtant les avertissements du ciel sont nombreux et Marie ne cesse de nous dire : “convertissez-vous, priez, priez, faites pénitence !” Mais on ne croit pas à ces appels de la Vierge Marie, ces appels à recommencer, à aller vers Dieu d'abord, avant d'aller vers le social. Il faut que Dieu soit le Premier Servi. Il faut retrouver le silence, la paix, la sérénité, et nous retrouverons Dieu, et nous Le rencontrerons. Recommencer, c'est la mission de chacun, c'est se convertir, et cela dans notre monde actuel, celui dans lequel Dieu nous a placés, justement pour qu'il recommence à vivre en Dieu, avec Dieu.

Tout doit recommencer, en commençant par chacun de nous. Il faut de nouveau écouter la paroles de Jésus : “Allez, enseignez toutes les nations, Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !” Mais comment chacun de nous peut-il faire ? Il semble que pour tous les catholiques, sans exception, il faut recommencer à enseigner Dieu et sa Loi d'amour, à prier beaucoup et à adorer le Seigneur devant son Saint Sacrement exposé, lorsque cela est possible. Il faudrait aussi, et c'est très important, instruire les adultes via les homélies du dimanche qui permettraient de revenir aux enseignements de base et fondamentaux. Et puis, il y a le témoignage indispensable pour porter la bonne Nouvelle et montrer comment Jésus peut nous régénérer.

Voilà des propositions exigeantes. Et, de nouveau, la même question resurgit : comment faire et comment commencer ? La première exigence pour chacun d'entre nous, c'est d'abord, de faire appel la vertu d'espérance qui nous rendra courage et nous donnera des idées. Ensuite par qui et par quoi repartir ? D'abord, les enfants ? Ou les adultes ? Et par quels moyens ? Tout de suite on pense aux moyens modernes ; oui, mais la plupart ont été colonisés par Satan. Tous, sauf quand même, et heureusement, quelques exceptions : radio Notre-Dame, télévision KTO, sites internet chrétiens dont, par exemple, Nouvelle évangélisation et Radio-Silence. Très bien, mais comment inciter les gens à écouter ou voir, ou lire des émissions et des documents qui redonneraient la foi ? Car il faut commencer par motiver, intéresser, convaincre. Déjà, nombre de personnes, surtout des retraités, s'attèlent à cette tâche difficile, mais les obstacles à vaincre sont innombrables. Alors, une seule solution : prier.

Nous nous apercevons vite que la plus grosse difficulté c'est de capter l'attention des gens qui sont tellement occupés. Comment nos contemporains peuvent-ils, aujourd'hui, donner un peu de temps pour retrouver Dieu dont ils se passent si facilement ? Nos gens ont peu de temps, surtout ceux qui travaillent… et qui sont tellement sollicités ailleurs ! Le dimanche, les vrais croyants vont à la messe, mais on parle si peu de Dieu dans nos églises... Certes, il y a des paroisses vivantes, mais très orientées vers le social ; c'est bien, mais il ne faut pas oublier Dieu, qui doit être le premier servi. Que faire ?

Que faire ? Il y a nos jeunes et nos enfants. De plus en plus de familles mettent leurs enfants dans des écoles privées, lesquelles étaient le plus souvent catholiques, mais qui ne le sont plus. Que faire ? Aller au catéchisme ? Oui, mais à condition que les catéchistes soient formées et qu'elles aient la foi !!! J'ai parfois l'impression que tout est fermé. Que faire ? Que faire pour redonner la foi, une foi vivante, à tous ceux qui ne l'ont pas encore vraiment perdue, mais qui ne savent plus ?… Prier, prier, prier… constituer des groupes de prière fervents, et qui auraient la grâce de pouvoir, au moins de temps en temps recevoir un prêtre qui les guiderait un peu. Hélas ! Tant de groupes d'adoration existent depuis plusieurs années, mais ils n'ont jamais la présence d'un prêtre pour parler de temps en temps de Dieu et donner sa bénédiction. Pourquoi ne prient-ils plus, nos pauvres prêtres ? Seigneur, aidez-les à recommencer à prier. Seigneur, nous vous prions de tout notre cœur, aidez-nous à recommencer et apprenez-nous à Vous prier et à Vous aimer.
(À SUIVRE)
Paulette Leblanc

LE BON VIGNERON


CINQUIÈME DIMANCHE DE PÂQUES B

Livre des Actes des Apôtres (9, 26-31)

Nous continuons nos méditations sur les Actes des Apôtres et nous assistons aujourd’hui à l’arrivée de Saul (saint Paul) — après sa chute et sa conversion sur le chemin de Damas — auprès des autres Apôtres restés à Jérusalem. Et qu’est-il arrivé ?
Ce qui était à prévoir : la méfiance — et même une certaine peur — des autres en voyant arriver au milieu d’eux celui qui, jusque-là était l’ennemi juré des chrétiens, qu’il chassait pour les mener devant les tribunaux et les faire condamner à mort.
Mais, l’un deux — Barnabé — qui savait ce qui était arrivé à Saul sur le chemin et à Damas, prit sa défense, expliquant aux autres “ce qui s’était passé” : que Saul avait vu le Seigneur qui lui avait parlé” et qu’à “Damas, il avait prêché avec assurance au nom de Jésus”. Cela mit les Apôtres en confiance et, dorénavant, “Paul allait et venait dans Jérusalem avec les Apôtres, prêchant avec assurance au nom du Seigneur”.
Paul prêchait avec tellement de force auprès des “Juifs de langue grecque, et discutait avec eux”, qu’ils finirent par le prendre à parti et projetèrent même sa mort, une mort probablement violente comme celle qu’ils avaient infligée à Jésus.
Alors, pour lui éviter une telle mort, les autres disciples “l'accompagnèrent jusqu’à Césarée — il s’agit de la Césarée maritime (l’actuelle Qaisarye), port situé sur la côte méditerranéenne, à trente-six kilomètres au sud de Haïfa — et le firent partir pour Tarse”. Voilà pourquoi Paul est aussi appelé Paul de Tarse.
En lisant ce texte, nous apprenons aussi qu’en ce temps !là, “l’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie”, ce qui ne sera bientôt plus le cas. Mais, cette Église vivait “dans la crainte du Seigneur, elle se construisait et elle avançait ; elle se multipliait avec l'assistance de l'Esprit Saint”. Voilà le “moteur”, si l’on peut s’exprimer ainsi, de l’Église d’hier et d’aujourd’hui : l’Esprit Saint.

Première lettre de saint Jean (III 18-24)

Comme dans les dimanches précédents, aujourd’hui encore nous bénéficions des conseils spirituels de l’Apôtre saint Jean.
“Nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité”, nous dit-il, car seulement par ce moyen “nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous aurons le cœur en paix”. En effet il n’est pas possible de posséder en soi la vraie paix, si celle-ci ne vient pas de Dieu. Et même si notre cœur de chair nous accusait ou essayait de nos déstabiliser, nous saurions que “Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses”. Autrement dit : la Miséricorde divine est infiniment plus grande que notre péché.
Si, au contraire, “notre cœur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu, et tout ce que nous lui demandons, il nous l'accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît”. Ceci est le propre de tout enfant de Dieu : faire ce qui plaît à Dieu.
Pour faire ce qui “plaît à Dieu”, il nous faut suivre ses commandements, “avoir foi en son Fils Jésus-Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé”.
Alors, dans un élan d’amour vrai, de vraie foi, engageons-nous, à faire ce qui plaît à Dieu, afin que dans sa miséricordieuse bonté, Jésus nous dise un jour : “venez, bénis de mon Père” (Mt. 25,34).

Évangile selon Saint Jean (XV 1-8)

Dimanche dernier saint Jean nous a entretenus du “Bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis”. Aujourd’hui il nous présente le Divin vigneron.
Jésus commence par nous dire que c’est Lui “la vraie vigne” et que “son Père est le vigneron”.
Pour ceux qui possèdent des vignes, la suite est plus facile à comprendre que pour les autres qui n’en possèdent pas. Mais cela n’est pas un handicap, car les explications de Jésus sont très claires.
En effet, les uns et les autres savent que tout sarment qui est malade et ne donne pas de fruit doit être coupé, cela s’appelle tailler la vigne. Jésus explique :
“Tout sarment qui est en moi — Jésus avait dit, en commençant son discours qu’Il était Lui-même la vigne — mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève”, il taille sa vigne et coupe les mauvais rejetons.
Par contre, les bonnes branches, celles qui ont déjà porté des fruits et que ne demandent qu’à s’étoffer et à en donner davantage, le Divin vigneron les laisse et les soigne, afin qu’épurées de toutes branches malsaines, elles “donnent du fruit en abondance” (Jn. 12, 24).
Il en va de même pour nous. Pour que nous portions de bons fruits, il nous suffit de demeurer attachés à la vigne qui est Jésus, comme Il nous l’explique Lui-même : “De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi”.
Vivons, mes amis, en ayant toujours présents à l’esprit ces paroles de Jésus :
“Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire”.
Si nous ne voulons pas que le Divin vigneron nous sépare de la vigne et nous jette au feu, où nous brûlerons pour l’éternité, soyons assez sages  pour garder en nos cœurs ces autres paroles que nous avons entendues aujourd’hui :
“Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez”.
Et encore :
“Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit”.
Alors, attachons-nous de toutes nos forces à cette Vigne dont la sève est un aliment qui procure la vie éternelle et, coûte que coûte, soyons de bons serments qui portent un bon fruit, pour la gloire de Dieu et le salut de nos âmes. Amen.

Alphonse Rocha

samedi 5 mai 2012

ET SI TOUT RECOMMENÇAIT ?


Est-ce possible ?

“Tout est accompli !” murmure Jésus expirant. Tout est accompli de la tâche immense du Sauveur. Satan est définitivement vaincu, ce qui est normal puisque qu'il n'est comme nous, qu'une créature et que Jésus est Dieu. Certes, c'est l'humanité de Jésus qui a vaincu Satan, notre ennemi, mais au fond de nos cœurs, nous savons qu'il nous a sauvés comme Il a sauvé des milliards d'autres hommes. Le nombre des saints est innombrable, ces saints qui, dans le ciel, glorifient leur Seigneur. Tout cela nous le croyons. Nous le croyons, mais, tout au fond de chacun de nous, qui sommes plongés dans un monde devenu de plus en plus pervers et athée, il y a comme un doute indéfinissable et qui nous brise. Nous pensons à nos jeunes, à nos enfants, à nos petits enfants que l'on souille d'une manière incroyable jusque dans les écoles. Qui et que sont-ils pour Notre Seigneur ? De l'ivraie, ou un bon grain qui aura bien des misères et des souffrances à affronter pour se purifier et trouver Dieu qu'il ne connaît pas. Seigneur, ces pensées sont atroces !

Ces pensées nous envahissent de plus en plus souvent, et nous brisent au plus profond de nous-même. Que faire ? Que pouvons-nous faire ? Et voici qu'un murmure semble naître dans nos cœurs : “Et si tout recommençait ?”

Et si tout recommençait ? Mais comment ? Jésus, nous Vous regardons, Seigneur bien-aimé, nous Vous bénissons, nous Vous adorons. Mais nous ne savons pas très bien ce que ces mots signifient : et si tout recommençait…

Et si tout recommençait ? Mais quel tout ? Et quel recommencement ? Si l'on reste sur un plan strictement humain, ces questions sont stupides, car pour nous créatures qui sommes dans le temps, il est certain que ce n'est pas aujourd'hui que les mondes ont été créés. Et l'évolution des mondes vivants, leur histoire, et l'histoire des hommes, sont des réalités. Nous sommes dans le temps, et le temps ne peut pas être nié, du moins par nous, pauvres petites créatures incontestablement liées au temps. Alors, comment "tout" peut-il, pour chacun d'entre nous, “commencer” ou “recommencer” ?

Nous parlons parfois d'un éternel recommencement. Il ne peut pas s'agir de cela car, même si les hommes, sans toujours le vouloir, recommencent constamment les mêmes erreurs, comme cela est sensible lorsqu'on étudie l'histoire des hommes, ce recommencement, placé dans le temps, ne peut pas être éternel. Allons même plus loin. Si nous considérons la simple vie d'un homme, tous les jours, ou tous les mois, ou tous les ans, il doit recommencer les mêmes gestes, les mêmes actions, car dans la nature liée au temps, les mêmes saisons se reproduisent, non pas éternellement, mais tant que durera la vie sur la terre. Alors, pour nous, comment tout doit-il, ou peut-il, commencer ? Ou recommencer ?

Si tout devait recommencer, cela signifierait que Dieu, déçu par la tournure des orientations qu'ont prise les hommes, effacerait son travail et le recommencerait. Cela est impossible, car Dieu, hors du temps, est aussi éternelle mémoire, et s'Il effaçait sa mémoire, Il disparaîtrait. Et nous, pouvons-nous “recommencer” ? D'une certaine façon, oui, car chaque fois que nous reconnaissons nos péchés et que nous nous repentons, nous commençons une nouvelle vie, nous recommençons. Mais que devons-nous recommencer ? Et comment recommencer ?

Si l'on considère les personnes prises individuellement, le recommencement est facile à comprendre : après avoir reconnu ses fautes, on va chercher à les expier et à recommencer une vie nouvelle, dans le Cœur de Dieu et selon sa sainte Volonté, sans négliger ses saints commandements. Cela aussi est facile à comprendre, mais lorsqu'il s'agit de notre monde ?

Notre monde, aujourd'hui s'est, en grande partie, coupé de Dieu ; il est convaincu qu'il est capable de tout faire selon sa seule propre volonté. Il n'a pas besoin de son Créateur… Cela fait penser à la Tour de Babel. Alors, nous arrivons à ce qui pourrait peut-être devenir un départ pour notre réflexion.

Je pense très souvent à la Tour de Babel. Réalité ou légende ? Peu importe, car toute légende est partie d'une réalité, d'un fait concret et réel. Donc, un événement réel fut à la base de l'histoire de la Tour de Babel. Et l'histoire des civilisations, que nous connaissons de mieux en mieux, nous apporte la preuve de la richesse des civilisations proche-orientales. Puis un jour, tout sombra et entra dans le chaos. Mais pourquoi ?

Pourquoi ? Parce qu'un jour les hommes, se sentant devenir puissants, ont estimé qu'ils n'avaient plus besoin de Dieu. Alors, sans même s'en apercevoir, ils ont mis Dieu de côté… et ils sont tombés dans des désordres extrêmes, et leurs civilisations qu'ils croyaient éternelles, ont disparu. Les peuples ont alors beaucoup souffert : ils ne se comprenaient plus, ils ont fait des guerres insensées, ils ont connu des famines et des pestes… Leur misère était grande. Mais un jour, Dieu eut pitié et Il envoya Abraham. Et tout recommença : Dieu avait choisi l'homme d'où sortirait son peuple, mais ce peuple pécha trop souvent. Alors Dieu envoya son Fils, mais les hommes crucifièrent le Fils de Dieu ; cependant, comme Jésus avait prévu ce qui allait se passer, Il avait pris soin de fonder son Église, son Corps mystique. Et l'Église se développa, malgré les persécutions inouïes.

Mais cela ne pouvait pas durer : Satan voulait à tout prix démolir l'Église de Dieu : et les chrétiens connurent les divisions et les attaques perfides de l'athéisme. Et aujourd'hui, dans le monde ex-chrétien, c'est comme si tout était à recommencer. Recommencer, mais comment ? D'abord en revenant à Dieu, en priant, et en comprenant de nouveau que Dieu doit toujours être le Premier Servi.

Reprenons la première lettre de saint Jean. Au chapitre 4, il est écrit :

« Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l'amour vient de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Il a manifesté son amour pour nous en envoyant son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste en ce que ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils comme victime de propitiation pour nos péchés.

Mes bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Personne n'a jamais vu Dieu; mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. Nous connaissons que nous demeurons en lui et qu'il demeure en nous, en ce qu'il nous donne de son Esprit. Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père nous a  envoyé le Fils comme Sauveur du monde. Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu. Et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. La perfection de l'amour en nous, c'est que nous ayons une confiance assurée au jour du jugement; car tel est Jésus-Christ, tels nous sommes aussi dans ce monde. Il n'y a point de crainte dans l'amour; mais l'amour parfait bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment; celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour. Nous donc, aimons Dieu, puisque Dieu nous a aimés le premier. Si quelqu'un dit : “J'aime Dieu”, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; comment celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas? Et nous avons reçu de lui ce commandement : “Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère”. » (1 Jean 4, 7 à 21)

Mais Jean va préciser encore davantage. Dans le chapitre 5 de sa première lettre il n'hésite pas à affirmer : « Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ; et quiconque aime celui qui l'a engendré, aime aussi celui qui est né de lui. À cette marque nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, si nous aimons Dieu, et si nous observons ses commandements. Car c'est aimer Dieu que de garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu remporte la victoire sur le monde; et la victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi. » (1 Jean  5, 1 à 4)

Je voulais résumer un peu ces affirmations de saint Jean, sauter quelques phrases, mais je n'ai pas pu, car tout est important dans ce texte. En effet, et c'est ce qui nous étonne le plus dans cette lettre, c'est l'amour dont elle déborde : l'Amour de Dieu pour les hommes, l'amour des hommes pour Dieu, et l'amour des hommes entre eux. Relisons la phrase tellement connue du chapitre 4, concernant l'amour du prochain : « Si quelqu'un dit : ‘J'aime Dieu’, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; comment celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. » Cela, nous le connaissons par cœur. Mais pourquoi oublions-nous si souvent la suite ? Pourquoi avons-nous laissé de côté une autre phrase du chapitre 5 : « Et nous avons reçu de lui ce commandement : nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, si nous aimons Dieu, et si nous observons ses commandements. »
(À suivre)
Paulette Leblanc

mardi 1 mai 2012

SAINT JOSEPH, MODÈLE DES TRAVAILLEURS


Fêtons-le dignement!

Le 1er mai, l’Église fête Saint Joseph, Patron des travailleurs. Jésus est le modèle des travailleurs parce qu’il travaillait uniquement pour accomplir la volonté de Dieu. Parce que le travail est saint, parce qu’il est un moyen de sanctification. Peu importe que le travail soit manuel ou intellectuel. Ce qui compte, c’est de le faire pour glorifier Dieu et L’aimer davantage. C’est de travailler en vue de la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, et pas seulement pour se procurer des nourritures périssables. “Si Saint Joseph est le Patron des travailleurs, c’est parce qu’il a su dépasser, non seulement le souci d’efficacité et le besoin de dominer, mais  la joie que donne le travail bien fait, pour l’offrir à Dieu.” [1]
Saint Joseph nous apprend aussi à éviter la tentation de la gloire humaine : “Saint Joseph est là pour nous empêcher de nous laisser prendre par cette tentation de la gloire humaine et par toute forme de messianisme temporel. Il nous empêche de nous laisser griser par le succès et la réputation qu’on nous fait.”
Pourtant Saint Joseph ne perdait pas son temps; il ne travaillait pas en dilettante. “Il avait le sérieux propre aux vrais travailleurs. Mais le sérieux du travailleur, ce n’est pas la mauvaise humeur. Au contraire, plus on est sérieux dans son travail, plus on est de bonne humeur ; travailler sérieusement chasse tous les miasmes qu’on traîne avec soi.”
Si l’Église a choisi Joseph comme Patron des travailleurs, c’est pour nous rappeler la dignité du travail humain. “Saint Joseph nous montre quel est le travail que Dieu aime: humble, caché, fervent, et un travail de pauvre. Il travaille uniquement pour la gloire de Dieu, dans la gratuité la plus grande qui soit.
Paulette Leblanc


[1] Père Marie-Dominique “Le mystère de Joseph” – Éditions Saint Paul.