jeudi 22 mars 2012

LA PASSION SELON ANGÈLE DE FOLIGNO III

LA PASSION DE JÉSUS

selonAngèle de Foligno

Les trois compagnes du Christ

Selon Angèle de Foligno, il est des douleurs qui furent les compagnes fidèles et continuelles de la vie du Christ, mais qui se manifestèrent avec un éclat particulier au moment de la Passion. C’est pourquoi il semble utile de les rapporter ici. Ces trois fidèles compagnes furent la pauvreté, le mépris et la douleur.
Jésus voulut vivre la pauvreté, et d’abord, être pauvre de toutes les choses temporelles du monde. Il fut également pauvre de ses proches et de toute amitié temporelle: personne ne chercha à lui épargner une seule de ses douleurs sur le chemin de Croix... Jésus, sur la terre, fut aussi “très pauvre de sa propre puissance, de sa propre sagesse et de sa propre gloire.
La deuxième compagnie à laquelle la vie du Christ fut continuellement associée en ce monde fut le mépris voulu et parfait... Il vécut comme un serviteur... couvert d’opprobres, tourné en dérision, frappé, fustigé, flagellé, et finalement condamné sans raison et mis à mort.
Enfin, sa troisième compagne, expérimentée... fut une extrême douleur à laquelle l’âme du Christ fut immédiatement associée. Cette âme très sainte connaissait et voyait comment il devait être trahi, vendu, capturé, abandonné, renié, ligoté, tourné en dérision, frappé, flagellé, jugé et condamné comme un voleur, mené à la croix, dépouillé, crucifié, mis à mort, blasphémé, frappé par la lance, et ouvert en son saint côté."
L’âme de Jésus connaissait tout cela, et ainsi sa vie fut accompagnée d’une douleur continuelle.

Pourquoi partager et vivre la Passion de Jésus

Jésus, Fils de Dieu, n’était pas soumis à la loi. Mais le Père voulut que son Fils devint sujet de la loi, et que “lui qui était libre devint esclave. C’est pourquoi ceux qui veulent servir le Christ doivent se conformer à la vie du Christ... en se soumettant à la loi, aux préceptes et même aux conseils divins... car, plus la grâce divine plonge l’âme dans l’humilité, plus cet approfondissement de l’humilité fait grandir la grâce divine.”
Angèle nous confie aussi les enseignements de Jésus sur la “nécessité de partager la compagnie du Christ, c’est-à-dire sa pauvreté, sa douleur, son état de méprisé et son obéissance véritable.”  Jésus prend d’ailleurs la peine de lui faire comprendre qui sont ceux qui sont appelés par Dieu, et par quel chemin ils sont venus: “Ils sont venus par les chemins de la tribulation: ce sont les vierges, les chastes, les pauvres, les souffrants et les malades... Ceux-là sont ceux qui savent qu’ils sont beaucoup aimés de Dieu, mais savent aussi qu’ils en sont indignes. Pour apprendre cela, ils vont à la croix; ils restent là à contempler et apprennent l’amour.” Jésus dira aussi: “souffre et ressens de la douleur, âme qui dois passer près de la croix sur laquelle est mort le christ. Il faut que tu t’y places et t’y reposes, car la croix est ton salut et ton lit.”  Dieu dit encore: “Que tous ceux qui veulent rester en état de grâce ne quittent pas la croix des yeux, quoi que je leur donne ou permette, joie ou tristesse.”
Jésus montra également à Angèle “la profondeur de l’humilité de Dieu à l’égard des hommes.”  Plus loin Angèle comprend aussi “pourquoi il y eut dans l’âme du Christ une douleur non mitigée, car lorsque son âme est transformée en la Passion du Christ, elle découvre une telle douleur dans cette Passion du Christ qu’elle ne trouve en elle aucun adoucissement.” Et encore: “C’est le signe du travail du véritable amour que d’apporter la croix à l’âme, c’est-à-dire une pénitence aussi longue que la vie, et aussi grande et dure que possible...” et après, quand tout sera fini, nous nous apercevrons que nous ne sommes que des serviteurs inutiles.

Le pécheur et la Croix

Comment une âme pécheresse peut-elle se convertir en regardant la Croix, “ce livre de vie, la vie et la mort du Dieu-homme crucifié.”  Bien sûr, il nous faut, pour comprendre, nous, hommes du XXIème siècle, nous resituer dans le contexte du Moyen-Âge, à la fin du XIIIème siècle. Mais si nous  transposons correctement, nous nous apercevons qu'il y a beaucoup à apprendre et à prendre, pour enrichir notre vie spirituelle.
“Lorsqu’elle regarde la Croix, l’âme considère comment elle a offensé Dieu avec sa tête, en la lavant, la peignant, la parfumant pour paraître aux yeux des autres, au déplaisir de Dieu... Parce que l’âme a exagéré en lavant, peignant et parfumant sa tête, la tête très sainte du Dieu-homme eut les cheveux arrachés, fut piquée et percée d’épines, tout ensanglantée de son sang précieux et même frappée avec un roseau... L’âme considère ainsi comment, en pénitence pour les péchés de ce genre, le visage de Jésus fut couvert d’opprobres... Parce qu’elle voit qu’elle a offensé Dieu en se lavant exagérément le visage, l’âme voit le Christ giflé et couvert de crachats.... Elle voit que le Christ, pour le péché de nos yeux, a les yeux voilés, ensanglantés par le sang coulant de sa tête percée d’épines... Parce qu’elle a offensé Dieu avec ses oreilles... l’âme réalise que le Christ a, pour ce péché, supporté la pénitence la plus horrible. De ses oreilles, en effet, il entendit les cris horribles de ceux qui lançaient contre Lui: 'Crucifie-le, crucifie-le..' Il entendit les impies se moquer de Lui et blasphémer...
“Et parce que l’âme sait qu’elle a offensé Dieu par sa bouche et sa langue en disant des paroles vaines et meurtrières, en se délectant de mets recherchés, elle voit qu’à cause de cela, les lèvres du Christ ont été souillées de crachats, sa langue et sa bouche ont goûté l’amertume du vinaigre et du fiel... parce qu’elle a offensé Dieu en se délectant de parfums, l’âme repense à la puanteur terrible des crachats que les narines du Christ ont respirée pour nous... Elle considère qu’à cause de ses mouvements de colère et d’orgueil contre Dieu, le Christ a été frappé de très cruels soufflets.
“...elle voit encore qu’elle a offensé Dieu par des étreintes déshonnêtes et des gestes des épaules, et elle considère que le Christ a, pour cela, supporté une grande pénitence, car, de ses bras sacrés, Il a étreint la croix, et Il l’a portée sur ses épaules, sous une masse d’insultes... Elle voit que le Christ a été étendu sur la croix, couché, tiré, étiré en tous sens à la manière d’une peau, ses mains et ses pieds sacrés fixés à la croix, très durement blessés et percés par les pointes d’horribles clous...
“...l’âme considère comment elle a offensé Dieu en se vêtant de façon recherchée et ambitieuse; elle voit qu’à cause de cela, le Christ a été  mis à nu et élevé honteusement sur la croix tandis que des soldats se partageaient ses vêtements... L’âme voit aussi qu’elle a offensé Dieu de tout son corps, et elle voit que, pour cette offense, le corps tout entier du Christ a été torturé de multiples flagellations et des tourments les plus horribles, qu’il a même été transpercé par une lance et tout ensanglanté de son sang précieux. Parce qu’elle s’est intérieurement délectée de chacun de ces péchés, l’âme voit que le Christ a supporté dans son âme très sainte des souffrances de tous genres, diverses et horribles, c’est-à-dire la Passion de son corps qui crucifia son âme, la compassion pour sa très sainte Mère, le respect dû à Dieu violé par le péché, et la compassion pour notre misère. Toutes ces souffrances rassemblées dans son âme très sainte crucifièrent le christ de façon très horrible et indicible.”

Le Christ soumis aux créatures

Angèle de Foligno explique longuement comment le Christ s’est soumis à toutes les créatures, notamment aux créatures inanimées. Elle dit, entre autres, à propos de sa passion:
“... Il a donné pouvoir aux verges de le frapper très durement. Il a donné pouvoir aux clous de percer et de pénétrer les mains et les pieds très divins de Celui qui a tout fait. Il a donné pouvoir au gibet qu’on appelle la croix, de porter son Auteur et Seigneur tout ensanglanté et percé. Il a donné pouvoir à l’éponge, au vinaigre, au fiel et à bien d’autres choses insensibles, d’insulter leur Auteur et Seigneur, et d’avoir plein pouvoir sur lui. Il a même donné pouvoir à la lance de pénétrer, d’ouvrir et de percer son très divin côté.”
Et Angèle de conclure :
“Que l’humilité très profonde, très humble et absolument inouïe de cette très haute majesté, dégonfle et confonde l’orgueil de notre nullité!”
Vraiment Jésus peut dire, à chacun d’entre nous: “Je ne t’ai pas aimé par plaisanterie”, phrase qui a été souvent traduite par: ”Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimé.”
Non! Ce n’est pas pour rire que Jésus nous a aimés !
Paulette Leblanc

FIN

LA PASSION SELON ANGÈLE DE FOLIGNO

LA PASSION DU CHRIST
vue par Angèle de Foligno

Avertissement important

Angèle de Foligno n’a pas laissé de récit de la Passion du Christ qu’elle fut amenée à vivre à plusieurs reprises. Elle ne rapporte que quelques traits particulièrement saisissants des souffrances subies par Jésus dans son corps. Mais  elle insiste beaucoup sur les douleurs intimes de l’âme de Jésus, douleurs  qu’elle nous fait partager intensément, et elle montre comment nous sommes amenés à prendre en compte les douleurs de Jésus et à les vivre.

Les souffrances physiques de Jésus

Jésus dit à Angèle “qu’Il a souffert avec grande humilité et patience.” Et Il énumérait une par une les souffrances de sa Passion dans tous ses membres, les peines et les paroles dures et injurieuses. Jésus dit: ”La coupe que je bus était amère, mais, à cause de l’amour je la trouvais douce.”
Dès le début de sa passion Jésus incita ses apôtres à prier pour ne pas entrer en tentation. Lui-même priait sans cesse: “Alors qu’Il priait plus intensément, sa sueur devint comme des gouttes de sang tombant à terre... Jésus  alors priait pour nous... Il se laissa blasphémer, abaisser, injurier, prendre, emmener, flageller et crucifier, et toujours il resta comme quelqu’un d’impuissant. Cette pauvreté est un modèle pour notre vie; de cette pauvreté nous devons prendre exemple.”
Dans une autre de ses visions, Angèle contemple les résultats de l’écartèlement que Jésus dut subir pendant sa crucifixion: “Il semblait que toutes les articulations de ce corps béni étaient si disjointes, disloquées et désunies, à cause de la cruelle tension et de l’horrible traction infligées à ses membres virginaux, sur le gibet de la croix, par les mains homicides de ces perfides. Les tendons et les jointures des os de ce corps très sacré semblaient avoir totalement quitté leur harmonie normale.”
Angèle parle également des cinq couteaux qui transpercèrent Jésus, Dieu et homme.
– Le premier type de couteaux fut la cruauté perverse de ceux dont le cœur était obstiné contre Lui.
– Le deuxième type de couteaux fut celui des langues criant contre Lui les choses les plus méchantes.
– Le troisième type de couteaux fut celui des colères immenses et démesurées...
– Le quatrième type de couteaux fut l’œuvre qui consomma toute leur maudite intention, car ils firent contre Lui tout ce qu’ils voulurent.
– Le cinquième type de couteaux qui transpercèrent le Christ furent ces clous terribles par lesquels ils le fixèrent à la croix.

Les douleurs intimes de l’âme de Jésus

La passion de Jésus fut montrée à Angèle. Elle vit ce que le Christ voyait: “tous les cœurs dressés contre Lui de façon impie. Il vit tous les membres s’employer à détruire son nom... Il vit toutes leurs subtilités contre Lui, le Fils de Dieu, la multitude de leurs desseins et l’énormité de leur colère. Il vit tous leurs préparatifs et toutes leurs cogitations afin de Le faire souffrir plus cruellement.”
Une autre fois il fut montré à Angèle la douleur aiguë que le Christ eut dans son âme...”Étant donné que l’homme n’offense pas Dieu avec le corps, mais avec l’âme, je me rends compte que l’âme du Fils de Dieu avait la plus grande raison d’avoir mal... Il a souffert à cause de la grande compassion qu’Il a eue pour ses élus... L’âme du Christ eut encore mal de toutes les douleurs et de toutes les peines qui furent infligées à son corps, car elles étaient toutes réunies dans son âme. Cette douleur si intense... faisait partie du plan divin... Je vois une telle douleur dans l’âme du Fils de la Sainte Vierge Marie, que mon âme en devient toute affligée et transformée en une douleur telle que je n’en ai jamais eue.”  Plus loin, Angèle reçoit la révélation que Jésus, l’homme de douleur, n’a connu dans sa vie qu’une seule situation: la croix, une croix très amère et dans la pénitence.
Pour mieux comprendre la Passion intime du Christ, il convient aussi de rapporter ce qu’Angèle de Foligno eut à connaître des sept douleurs du Christ.
“De toute éternité et de façon ineffable, le Christ fut uni au plan éternel de Dieu, ce qui rendit sa douleur extrême. Plus merveilleux en effet était le plan de Dieu, plus aiguë et intense fut la douleur du Christ.
– Il y eut d’abord dans le Christ une douleur résultant de l’ineffable lumière divine qui lui était donnée... Le Christ voyait en effet l’ineffable mesure de douleur extrême qui lui était donnée,... et cette douleur, dont le plan divin fut la source et l’origine, serait cachée à toute créature.
– Il y eut aussi dans le Christ une douleur très intense et aiguë, provenant de la compassion suprêmement admirable qu’il eut pour le genre humain... Parce que le Christ aimait chacun de ses élus d’une façon ineffable et d’un amour viscéral, selon la mesure de chacun, Il ressentait, comme continuellement présentes à lui, l’offense qui avait été ou qui serait commise, ainsi que la peine et les peines qu’ils (les hommes) devaient, à cause de cela, supporter; Il compatissait en portant leurs peines avec une douleur extrême.
– Il y eut aussi dans le Christ une douleur provenant de la compassion pour Lui-même... car Il voyait que le Père l’avait envoyé pour porter dans sa propre personne les douleurs et les peines des élus.
– Il y eut aussi dans le Christ une douleur de compassion pour sa très douce Mère...qui, comme nous le verrons plus loin dans "La Passion de Marie", souffrit comme et avec son Fils.
– Il y eut aussi dans le Christ une douleur provenant de la compassion pour ses apôtres et ses disciples, à cause de la très violente douleur qu’ils devaient endurer... quand sa douce présence corporelle leur serait retirée.
– Il y eut aussi dans le Christ une douleur violente et aiguë à cause de la gentillesse, de la noblesse et de la délicatesse de son âme...”
Angèle de Foligno expose aussi les trois raisons que Jésus avait de crier son abandon
Jésus voulut nous montrer quelque chose de la douleur excessive qu’il avait supportée pour nous:
– Jésus cria pour prier, pour manifester Dieu et Lui. Dieu, en effet, ne pouvait pas être abandonné, mais Jésus se montra humain lorsqu’Il cria qu’Il était quasi abandonné par Dieu dans ses douleurs: “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?
– Jésus cria aussi pour manifester la douleur suraiguë et ineffable qu’Il avait supportée pour nous. C’est seulement pour nous qu’Il cria ces mots, pour nous faire connaître la douleur qu’Il avait supportée...
– Le christ cria aussi ces mots pour nous donner espoir et courage. Ainsi, même si nous sommes affligés et tourmentés, si nous nous sentons abandonnés dans des douleurs, nous ne sombrerons pas dans le désespoir... 
Paulette Leblanc
A SUIVRE

LA PASSION DE JÉSUS

LA PASSION DE JÉSUS
selon
Angèle de Foligno
(1248-1309)

La spiritualité d’Angèle de Foligno

Angèle de Foligno est née en 1248, à Foligno, petite ville située à environ dix-sept kilomètres d’Assise. Ses parents étaient aisés, probablement nobles. Elle s’est mariée à vingt ans, et eut plusieurs fils. En 1288, tous les membres de sa famille proche étaient morts. C’est alors qu’elle se convertit totalement et entra résolument dans la voie de la pénitence. Elle n’a plus qu’un désir: en réponse d’amour, accorder sa vie à celle du Christ. En 1291, elle fut admise dans le Tiers Ordre de saint François. Elle bénéficia de nombreuses visions de la Passion du Christ, visions de plus en plus réalistes, et mourut en 1309.
La croix est au centre de la spiritualité d’Angèle. Elle voit avec les yeux de l’esprit de nombreuses visions du Christ crucifié, soit d’ordre sensible,  soit d’ordre symbolique, ou encore des visions sans forme, probablement  des visions dites intellectuelles: elle entend en effet le Christ lui parler et lui dire  “des paroles très hautes qui ne peuvent pas être écrites.”
Pour Angèle, l’âme qui s’engage sur les voies de Dieu et de la pénitence doit parcourir trente pas. En ce qui concerne Angèle de Foligno, c’est à partir du septième pas qu’elle commença à tourner son regard vers la croix. Au 8ème pas à la vue de la croix, Angèle reçut une plus grande connaissance de la manière dont le Fils de Dieu était mort pour nos péchés, et elle sentit qu’elle l’avait elle-même crucifié. Le christ lui dit en effet: “Je suis celui qui a été crucifié pour toi, qui a eu faim et soif pour toi, qui répandit son sang pour toi, tellement je t’ai aimée.”  Au 9ème pas, le chemin de la croix lui fut enseigné: pour aller à la croix elle devait se dépouiller de tout, c’est-à-dire pardonner à ceux qui l’avaient offensée, se dépouiller des choses terrestres, de tous ses amis et parents, de son avoir et d’elle-même, et donner son cœur au Christ.
Au dixième pas, Jésus lui demanda “de plonger son regard dans ses plaies... Jésus lui montrait les poils de sa barbe, de ses sourcils et de sa tête qu’on lui avait arrachés. Il énumérait toutes les flagellations... et Il disait: J’ai supporté tout cela pour toi.”
Au onzième pas elle se mit à faire plus sérieusement pénitence, au douzième, elle chercha la pauvreté, et au treizième elle entra dans la douleur de la Mère du Christ et de Jean. Au quinzième pas, elle se centra sur Saint Jean et sur la Mère de Dieu: “Il lui était donné de comprendre que Saint Jean avait supporté une telle douleur, de la Passion et de la mort du Christ, et de la douleur de la Mère du Christ, qu’il fut plus que martyr.”
Au seizième pas Angèle eut la révélation de son indignité et de ses péchés et se tourna vers la sainte Vierge pour obtenir la rémission de ses péchés. Au dix-septième pas elle souffrit la Passion du Christ et les douleurs de Marie avec plus d’efficacité. Angèle reçut ensuite quelques révélations sur la familiarité divine, sur l’onction et la miséricorde divines, sur sa propre transformation en Dieu, et enfin sur l’union divine et l’amour. Il convient d’ajouter qu’Angèle connut alternativement des périodes de désespoir, d’abandon total et souvent  d’union intime avec Dieu.
Une petite communauté entoura Angèle, de 1296 à sa mort en 1309, pour écouter ses enseignements. Elle fut déclarée bienheureuse le 11 juillet 1701, par le pape Clément XI.
Nota: Les citations en italique sont extraites du Livre d’Angèle de Foligno, traduction de Jean-François Godet publiée par les Éditions Jérôme MILLON à partir du texte italien “Il libro della beata Angela da Foligno”
Paulette Leblanc,
A SUIVRE

mardi 13 mars 2012

L’HOMME ENTRE DEUX INFINIS

L'homme entre deux infinis

Babel nous envahit... Satan s'infiltre partout et souille tout ce qui appartient aux hommes... Il ne respecte rien et ceux qui aiment le Seigneur le détestent. L'ennui, c'est que les hommes, dans leur haine contre lui, intègrent parfois un certain nombre d'autres hommes; or Jésus veut que nous aimions notre prochain... Nous sommes en pleine contradiction: nous disons vouloir ce que Dieu veut, nous affirmons ne chercher vraiment que la volonté de Dieu, et que c'est Dieu seul que nous désirons. Pourtant, dans l'univers créé nous ne sommes rien, notre impuissance est totale et nous pourrions disparaître d'un seul coup, si Dieu le voulait; et s'apercevrait-Il alors qu'Il nous a supprimés? Je suis prise dans un vertige effroyable, je ne sais plus quoi penser et j'ai peur.
Mon Seigneur, je me tourne encore vers Toi. Comment puis-je être aussi petite, aussi poussière, aussi "rien", et comment peux-Tu me connaître et m'aimer? Comment cela est-il possible? J'ai soudain l'impression de me trouver dans un tourbillon épouvantable qui n'est peut-être lui-même que poussière, donc néant. Et pourtant, moi, je pense, je constate, j'existe... Du moins, j'ai bien l'impression d'exister; d'ailleurs, en ce moment même je travaille, je pense, je réfléchis, j'ai mal, j'ai peur, je souffre... Oh! mon Dieu!
Ma détresse est immense, et voici que soudain c'est encore la science moderne qui vient à mon secours, et chose étonnante, ce sont les connaissances nouvelles sur l'infiniment petit qui viennent à mon aide. Je connais mal la physique des particules, mais j'en ai entendu parler parfois par des spécialistes, et voici qu'une étrange lumière se fait en moi. Dieu, pur Esprit règne sur SON Monde, SON Monde trinitaire dont nous ne connaissons rien. Il est Amour, donc Famille: Père, Fils, et Esprit-Amour, l'Amour mutuel du Père et du Fils. Comment cela se fait-il, nous l'ignorons, mais ce n'est pas notre sujet. Dieu est infiniment heureux, mais, Amour, Il veut partager son Bonheur et son Amour. J'emploie des mots humains, car je n'en ai pas d'autres, mais le Seigneur me pardonnera, et me corrigera, si je m'exprime mal.
Dieu Amour, Dieu Trinité veut partager son Amour. Alors, sa Parole va se faire créatrice: Dieu dit... et cela fut. Mais, si je regarde la création, si je me replace dans mon temps à moi, le temps humain, le temps terrestre, celui qui est lié au soleil, et qui est le seul temps que je connaisse, le seul que les hommes connaissent, je vois que les choses ne se sont pas faites d'un seul coup, mais progressivement. La génération spontanée à laquelle certains faux savants se sont référés il y a deux ou trois siècles, n'existe pas. Tout a un début, une période d'existence et une fin. Ou, si ce n'est pas la fin définitive, c'est une profonde transformation.
Donc Dieu crée. Il va d'abord faire le monde des esprits dont je ne parlerai pas car je ne le connais pas. Puis Dieu pense la matière qu'Il va réaliser. Or nos connaissances actuelles nous montrent que la matière, quelle qu'elle soit, est constituée d'éléments qui en sont la base. Ces éléments, à mesure qu'on les découvre, sont de plus en plus petits, de plus en plus indétectables, ou difficilement détectables. On plonge dans l'infiniment petit, et l'on découvre que, pénétrant dans cet univers infiniment petit, on avance vers un nouvel infiniment grand. On découvre un nouvel univers, infiniment grand dans sa petitesse, que les sens de notre être humain ne peuvent pas percevoir. Cela signifie que l'univers que nous voyons autour: l'univers qui est proche de nous et qui va jusqu'à l'infiniment grand, et l'univers qui nous constitue et dont peu à peu nous découvrons l'infini, mais dans la petitesse, sont deux univers infiniment grands bien qu'ils aillent dans deux directions différentes. Au moins mathématiquement parlant.
Si je comprends bien, l'homme est au point de rencontre de deux infinis matériels, dont l'un est la base de la construction du corps, donc de l'être et de la vie, et l'autre qui nous échappe par son immensité; l'homme est comme au sommet de deux infinis: le grand et le petit. Mais sans le petit, il n'y aurait pas de grand. En effet, l'infiniment grand est entièrement constitué d'infiniment petits... Donc, homme, je suis comme au centre de la Création, au centre de ce que Dieu a voulu de toute éternité, donc au centre de la Pensée de Dieu, au centre, au plus profond du Cœur de Dieu. Je suis matériellement constituée par une multitude d'infiniment petits, et je regarde l'infiniment grand. Tout ceci est inexprimable, et seule la physique assistée par les mathématiques a pu nous "montrer" l'infiniment petit que l'on ne peut pas voir, mais que des formules mathématiques ont rendu évident. Mais en plus, Dieu a donné aux hommes une étincelle de son intelligence, cette intelligence qui m'a permis d'écrire ce qui précède.
Je découvre un nouveau vertige, mais un vertige d'amour, car les hommes, constitués d'éléments infiniment petits en nombre infini, sont des êtres finis que Dieu veut mettre dans l'infiniment grand de son Cœur infini. Quand l'homme réfléchit à ces choses, il lui semble aller de contradiction en contradiction, et il est pris dans une sorte de tsunami qui ne détruit pas, mais découvre des merveilles cachées... Vertige insensé, mais vertige d'amour! Vertige de se trouver dans le Cœur de Dieu, de rejoindre tous ceux qui ont connu le Cœur de Jésus. Car le Cœur de Dieu étant UN, le Cœur du Père, c'est le Cœur du Fils, et ces deux Cœurs qui n'en sont qu'UN sont unis dans et par l'Esprit d'Amour. Et je suis au cœur de ce Cœur divin. Je me perds en Dieu, car, être fini, comme chaque homme pris individuellement, je suis faite d'infiniment petits pour rejoindre l'infiniment grand: Dieu, et vivre, animée spirituellement par son Amour, dans le Cœur de son Cœur. Avec en plus, pour découvrir et comprendre un peu ces mystères, une goutte de l'Intelligence divine.
Seigneur bien-Aimé, nous sommes complètement dépassés. Tout de moi vient de Dieu et veut retourner à Dieu. Située à la jointure des deux infinis matériels, je suis un être fini et tellement limité, et je suis pourtant destinée à rejoindre l'Esprit d'Amour créateur éternellement vivant. Créée par amour pour l'Amour, je suis faite pour rejoindre l'Amour et devenir amour... Et tout cela grâce à l'esprit, l'intelligence que Dieu me donne pour Le comprendre. Car pour aimer vraiment, de tout son être, il faut aussi que notre esprit participe et comprenne comment et pourquoi il peut aimer. Car on ne peut aimer que ce que l'on connaît et ce que l'on comprend.
Décidément, vive la physique et les mathématiques! J'aime de plus en plus les sciences modernes qui nous font pénétrer en Dieu et vivre en Lui. Oui, mais quel mystère aussi et que de dangers peuvent survenir si l'on ne se réfère pas à Dieu et à ses commandements! Car Satan, qui a aussi compris ces choses, fait tout pour que les hommes, non seulement ne "touchent" pas Dieu, mais s'en séparent en mangeant le fruit de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal. Et je suis convaincue que c'est ce que nous sommes en train de faire aujourd'hui, avec toutes les expériences liées au clônage, aux OGM, ou aux tentatives de certains laboratoires qui essaient d'associer des gènes avec des gènes d'espèces différentes pour créer des chimères. Le drame, c'est que des expériences ont été faites, ou sont en cours, qui mêlent génétiquement des souches humaines et animales. Je m'exprime mal, mais je ne connais pas très bien la biologie. Nous sommes en plein dans le péché originel. C'est d'une gravité extrême.
Vertige dans l'Amour, vertige dans la connaissance, mais aussi grande peur d'aller trop loin dans le péché fondamental. Notre génération est-elle en train de commettre le péché originel?
Paulette Leblanc

CHEMIN DE CROIX - VII

SEPTIÈME STATION
Jésus tombe pour la deuxième fois

/V. Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
_. Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

Du livre des Lamentations 3, 1-2.9.16
Je suis l’homme qui a connu la misère, sous la verge de sa fureur. C’est moi qu’il a conduit et fait marcher dans les ténèbres et sans lumière. Il a barré mes chemins avec des pierres de taille, obstrué mes sentiers.
Il a brisé mes dents avec du gravier, il m’a nourri de cendre.

MÉDITATION

La tradition de la triple chute de Jésus et du poids de la croix rappelle la chute d’Adam – le fait que nous soyons des êtres humains déchus – et le mystère de la participation de Jésus à notre chute. Au cours de l’histoire, la chute de l’homme prend des formes toujours nouvelles. Dans sa première Lettre, saint Jean parle d’une triple chute de l’homme: les désirs de la chair, les désirs des yeux et l’orgueil de la richesse. C’est ainsi que, sur l’arrière-fond des vices de son temps, avec tous ses excès et toutes ses perversions, il interprète la chute de l’homme et de l’humanité. Cependant nous pouvons penser aussi, dans l’histoire plus récente, que les chrétiens, en se détournant de la foi, ont abandonné le Seigneur: les grandes idéologies, comme la banalisation de l’homme qui ne croit plus à rien et qui se laisse simplement aller, ont construit un nouveau paganisme, un paganisme plus mauvais, qui, en voulant mettre définitivement Dieu à part, a fini par se débarrasser de l’homme. L’homme gît ainsi dans la cendre. Le Seigneur porte ce poids, il tombe et il tombe, pour pouvoir venir jusqu’à nous; il nous regarde afin que notre cœur se réveille; il tombe pour nous relever.

PRIÈRE

Seigneur Jésus Christ, tu as porté notre poids et tu continues à nous porter. C’est notre poids qui te fait tomber. Mais que ce soit toi qui nous relèves, car seuls nous n’arrivons pas à nous lever de la cendre ! Libère-nous de la puissance de la concupiscence. À la place d’un cœur de pierre, donne-nous à nouveau un cœur de chair, un cœur capable de voir. Détruis le pouvoir des idéologies, afin que les hommes reconnaissent qu’elles sont tissées de mensonges. Ne permets pas que le mur du matérialisme devienne insurmontable. Fais-nous percevoir à nouveau ta présence. Rends-nous sobres et attentifs pour pouvoir résister aux forces du mal et aide-nous à reconnaître les besoins intérieurs et extérieurs des autres, à les soutenir. Relève-nous, afin que nous puissions relever les autres. Donne-nous l’espérance au milieu de toute obscurité, afin que nous puissions devenir porteurs d’espérance pour le monde.
Tous :
Pater noster, qui es in cælis;
sanctificetur nomen tuum;
adveniat regnum tuum;
fiat voluntas tua, sicut in cælo et in terra.
Panem nostrum quotidianum da nobis hodie;
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris;
et ne nos inducas in tentationem;
sed libera nos a malo.

mardi 6 mars 2012

CHEMIN DE CROIX VI


SIXIÈME STATION
Véronique essuie le visage de Jésus

/V. Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

/R. Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


Du livre du prophète Isaïe 53, 2-3
Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable aux lépreux dont on se détourne; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
Du livre des Psaumes 26 [27], 8-9
Mon cœur m’a redit ta parole: «Cherchez ma face». C’est ta face, Seigneur, que je cherche: ne me cache pas ta face. N’écarte pas ton serviteur avec colère, tu restes mon secours. Ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, Dieu, mon salut!

MÉDITATION

«C’est ta face, Seigneur, que je cherche: ne me cache pas ta face» (Ps 26 [27], 8-9). Véronique – Bérénice, selon la tradition grecque – incarne cette aspiration qui est commune à tous les hommes pieux de l’Ancien Testament, cette aspiration de tous les croyants à voir le visage de Dieu. Sur le chemin de croix de Jésus, au début, elle ne rend d’abord qu’un service de bonté féminine: elle offre un linge à Jésus. Elle ne se laisse ni gagner par la brutalité des soldats, ni immobiliser par la peur des disciples. Elle est l’image de la femme éprise de bonté qui, dans le désarroi et l’obscurité des cœurs, garde le courage de la bonté, et ne permet pas que son cœur s’obscurcisse. «Heureux les cœurs purs – avait dit le Seigneur dans le Discours sur la montagne –, ils verront Dieu!» (Mt 5,8). Au début, Véronique voit seulement un visage maltraité et marqué par la souffrance. Mais l’acte d’amour imprime dans son cœur la véritable image de Jésus: sur son visage humain, couvert de sang et de blessures, elle voit le visage de Dieu et de sa bonté, qui nous accompagne aussi dans la souffrance la plus profonde. C’est seulement avec le cœur que nous pouvons voir Jésus. Seul l’amour nous rend capables de voir et nous rend purs. Seul l’amour nous fait reconnaître Dieu, qui est l’amour même.

PRIÈRE

Seigneur, donne-nous l’inquiétude du cœur qui cherche ton visage. Protège-nous de l’obscurcissement du cœur qui ne voit que l’apparence des choses. Donne-nous la sincérité et la pureté qui nous rendent capables de voir ta présence dans le monde. Quand nous n’avons pas la capacité de faire de grandes choses, donne-nous le courage d’une humble bonté. Imprime ton visage dans nos cœurs, afin que nous puissions te rencontrer et montrer au monde ton image.

Tous :

Pater noster, qui es in cælis;

sanctificetur nomen tuum;
adveniat regnum tuum;
fiat voluntas tua, sicut in cælo et in terra.
Panem nostrum quotidianum da nobis hodie;
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris;
et ne nos inducas in tentationem;
sed libera nos a malo.

NOTRE ÉCOUTE DOIT DEVENIR PAROLE DE DIEU

Écoutez avec son cœur

Il y a des personnes qui sont faites pour parler, d'autres pour écouter, et d'autres pour savoir bien communiquer en virtuel, sachant lire entre les lignes pour répondre avec compassion et amour.
Cette forme d'écoute est excessivement rare dans le monde du virtuel, mais celles et ceux qui la pratiquent c'est vraiment un don donné par Dieu. D'autres réussissent à faire les trois formes d'écoute... Je dis à ces personnes, heureuses êtes-vous d'avoir tant reçu de la gratuité du Cœur de notre Dieu qui a formé en profondeur votre cœur à une écoute qui n'est pas ordinaire mais beaucoup plus en provenance de l'extraordinaire ; car c'est Dieu qui Écoute en vous en passant par votre cœur qui est attentif et présent à Sa Présence. En allant d'un site à l'autre, en faisant la lecture des messages de plusieurs internautes ou pèlerinautes, on finit par s'apercevoir à long terme qui écoute et qui veut se faire entendre sans écouter.
Entendre très bien ne veut pas nécessairement dire que j'écoute très bien. Au contraire, pour plusieurs personnes trop bien entendre les empêche de bien écouter à un seul endroit en même temps. Alors que d'autres entendent moins bien auditivement, mais le peu qu'elles entendent est tellement une écoute auditive visuelle +corporelle et spirituelle, que la personne qui est écoutée va jusqu'à dire ou écrire : Est-ce que quelqu'un t'a déjà mis au courant de ma situation, avant que je t'en parle? Tu as l'air au courant de bien des choses sur mon expérience pers!!!...

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DIALOGUE AVEC SAMUEL...

“J’aimerais faire oraison mais…”

Samuel a écrit : “J’en suis convaincu, j’aimerais faire oraison mais je ne sais pas comment faire ; pouvez-vous me guider ? ! Merci”.
Michel répond : Dites-moi, Samuel, si le cœur vous en dit, avez-vous réussi à faire oraison ? Avec un brin d'humour, je vous dis que faire oraison est la meilleure façon de ne pas perdre la raison, et faire oraison nous donne une raison de vivre pour quelqu'un, qui est plus grand que notre cœur. Vous savez sûrement que ce quelqu'un est Dieu.
Françoise réagit : Cher Michel, qui n’a jamais désiré avoir une raison de vivre, et de vivre pour quelqu’un ? N’est-ce pas l’amour qui donne son plein sens à la vie ? Sans amour, que sommes-nous ? Et si cet Amour est plus grand que nous, oh là là ! quelle merveille dans notre vie… !
Michel : pour moi faire oraison c'est me laisser accueillir et me laisser apprivoiser par ce Dieu d'Amour qui s'est fait connaître à moi par Sa grande Joie. Je vous souhaite, Samuel, de découvrir cette Joie. N'ayez pas peur de demander à Dieu de vous faire connaître Sa Joie. Moi je le Lui ai demandé avec mes mots simples, comme ceci :
– Seigneur, je ne sais vraiment pas qui vous êtes, je ne vous connais pas du tout, et regardez-moi, comme je suis pauvre et malheureux, je souffre et je pleure, je suis seul, abandonné de tous(tes). Je ne vous demande ni or ni argent, mais je veux connaître la joie de vivre.
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MARCHER AVEC JESUS

Je suis assise dans un fauteuil roulant...

Marcher avec Jésus en ce temps de carême, sur le site Nouvelle Évangélisation, quelle belle démarche du cœur pour se rapprocher du Seigneur ! Prendre un peu de temps pour raconter sa douleur que l'on a dans le cœur, espérant un petit peu d'amour de quelqu'un qui lui a trop de joie dans son cœur ; quelqu’un voulant partager son trop de joie avec un pauvre qui cherche un peu de douceur auprès d'un(e) ami(e) qui saura lui écrire avec son cœur.
Quand je suis sur Nouvelle Évangélisation, je ne marche pas, mais je suis assis devant mon ordi..., je cherche un(e) ami(e) qui comme moi, est chercheur(se) de Dieu.
Si moi je ne cherche personne il est possible qu'une personne me cherche. Mais même si personne ne me cherche, cela ne m'empêche pas durant le temps du Carême d'oser ma foi en répondant sur un post qui permettra à ma foi de vivre en moi pour interpeller la foi de quelqu'un d'autre. 
Qui aurait dit un jour, qu'il serait possible de trouver un ami en restant assis devant un ordi...? Un jour quelqu'un disait : Moi, je suis un pauvre, je n'ai plus de famille de sang, l'église de ma paroisse est fermée, je ne peux plus conduire d'auto, la plupart de mes vrais(es) amis(es) sont morts(tes). Mes derniers contacts étaient une dame étrangère qui venait me porter la communion, maintenant elle a déménagé. Depuis quelque temps notre église est fermée. J'ai presque tout perdu, j'ai perdu mon curé, la dame qui me portait la communion, mon église et tous(tes) mes amis(es).
En plus, pour faire l'achat de mon ordi..., je me suis privé de bien des choses essentielles, je me suis surtout privé de bien manger. Je connaissais un copain qui lui, m'avait dit : Depuis que j'ai mon ordi..., cela a changé ma vie car j'ai trouvé beaucoup d'amis(es) qui m'écrivent tous les jours. Cela fait bien longtemps que je n'ai eu de nouvelles de cet ami, je me demande s'il est encore en vie.
Voilà une des raisons pour lesquelles des gens sont assis devant un ordi..., cherchant un(e) ami(e) capable de les lire gentiment et de leur répondre tendrement sans porter de jugement sur leur situation personnelle. Mais cela fait déjà presque trois mois que j'écris, et je n'ai pas encore d'ami. Je me rappelle, un jour quelqu'un m'a répondu une fois, et il a disparu, je n'ai jamais su pourquoi? Je vais être sincère avec vous, il m'arrive de parler à mon ordi... et je lui dis : Je te déteste parce que j'ai mis sur toi tout mon avoir, espérant un jour, par toi, avoir un ami ; un ami, ça n'a pas de prix, mais moi je n'en ai pas encore trouvé un.
Michel écrit: J'ai écrit ce texte à partir de certains témoignages de personnes qui, se retrouvant seules, ont tout fait pour acheter un ordi..., espérant un jour, petit à petit, se trouver quelques amis(es) afin de combler leur solitude non désirée. Mon souvenir le plus triste, c'est l'histoire d'une pauvre dame qui était en fauteuil roulant : elle communiquait avec une autre dame depuis deux ans. Un jour, l'autre dame devait se rendre dans la ville de cette dernière et elle lui a proposé de lui rendre une visite amicale. Voici leurs échanges, tels qu'ils m’ont été racontés par cette dame.

L'autre dame écrit : Je dois me rendre dans votre ville bientôt et je pensais vous rendre une petite visite, qu'en pensez-vous ?
La dame en fauteuil roulant lui dit : Je serais bien contente, mais vous ne me connaissez pas assez bien.
L'autre dame : Voyons, cela fait déjà deux ans que l'on s'écrit et nous avons chaté des dizaines de soirées ensemble. J'ai tellement hâte de vous voir !
La dame en fauteuil roulant lui répond : Vous savez, moi, je suis bien plus différente de vous et je suis assise dans un fauteuil roulant.

Michel écrit : La vieille dame m’a dit : Dès qu'elle a écrit les deux mots "fauteuil roulant", le chat du messenger a fermé pour toujours. Le lendemain, elle a essayé de lui écrire : plus de réponse, elle avait définitivement changé son adresse e-mail et supprimé son adresse sur son messenger ; elle m’a dit : Comme j'ai pleuré longtemps !…
Depuis deux ans, cette dame était toute joie d'avoir trouvé une amie, mais plus qu'une amie, une confidente, et en si peu de temps elle a tout perdu à cause de deux mots : fauteuil roulant. Aujourd'hui elle dit : J'ai été deux ans à croire que mon ordi... m'avait trouvé une amie.
Je profite de mon message pour demander à ceux et celles qui vont me lire, de prier pour les personnes qui vivent en solitude non désirée, qui cherchent très souvent une oreille en forme de cœur qui écoute en profondeur, avec une oreille assez attentive pour détecter les chercheurs(ses) de Dieu, cherchant un ami qui écoute avec le Cœur de Dieu.
Un ami, c'est quelqu'un qui connaît tout de nous et qui nous aime quand même.

Pardon écrit : Dis-moi quel est ton amour et je te dirai qui tu es.
Lire le texte sur l'amitié dans (Siriacide 5, 5-17)

jeudi 1 mars 2012

CHEMIN DE CROIX V

CINQUIÈME STATION
Jésus est aidé par le Cyrénéen à porter sa croix

/V. Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
/R. Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

De l’Évangile selon saint Matthieu 27, 32; 16, 24
En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix.
Alors Jésus dit à ses disciples: «Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive».

MÉDITATION

Simon de Cyrène rentre du travail, il est sur le chemin du retour chez lui, quand il croise ce triste cortège de condamnés –, spectacle sans doute habituel pour lui. Les soldats usent de leur droit de coercition et mettent la croix sur lui, robuste homme de la campagne. Quelle gêne a-t-il dû éprouver en se trouvant soudain mêlé au destin de ces condamnés! Il fait ce qu’il doit faire, avec certainement beaucoup de répugnance. Toutefois, l’évangéliste Marc nomme également ses fils qui étaient connus pour être chrétiens et membres de la communauté (Mc 15, 21). De cette rencontre involontaire est née la foi. En accompagnant Jésus et en partageant le poids de sa croix, le Cyrénéen a compris que marcher avec ce Crucifié et l’assister était une grâce. Le mystère de Jésus souffrant et muet a touché son cœur. Jésus, dont seul l’amour divin pouvait et peut racheter l’humanité entière, veut que nous partagions sa croix, pour compléter ce qui manque encore à ses souffrances (Col 1, 24). Chaque fois qu’avec bonté nous allons à la rencontre de celui qui souffre, de celui qui est persécuté et faible, en partageant sa souffrance, nous aidons Jésus à porter sa propre croix. Ainsi nous obtenons le salut et nous pouvons nous-mêmes coopérer au salut du monde.

PRIÈRE

Seigneur, tu as ouvert les yeux et le cœur de Simon de Cyrène, lui donnant, par le partage de ta croix, la grâce de la foi. Aide-nous à venir en aide à notre prochain qui souffre, même si cet appel est contraire à nos projets et à nos penchants. Donne-nous de reconnaître que partager la croix des autres, et faire l’expérience qu’ainsi nous marchons avec toi, est une grâce. Donne-nous de reconnaître avec joie que c’est précisément en partageant ta souffrance et les souffrances de ce monde que nous devenons serviteurs du salut, et qu’ainsi nous pouvons contribuer à construire ton corps, l’Église.

Tous :

Pater noster, qui es in cælis;
sanctificetur nomen tuum;
adveniat regnum tuum;
fiat voluntas tua, sicut in cælo et in terra.
Panem nostrum quotidianum da nobis hodie;
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris;
et ne nos inducas in tentationem;
sed libera nos a malo.