mercredi 16 février 2011

BIENTOT TROIS NOUVEAUX SAINTS

DONNES EN MODELE A L’EGLISE

Deux Italiens et une Espagnole

ROME, Lundi 14 février 2011. L’agence ZENIT.org annonce : Trois nouveaux saints, deux Italiens, un archevêque et un prêtre, et une Espagnole, religieuse, seront bientôt canonisés par Benoît XVI.

Ce sont les bienheureux Guido Maria Conforti (1865-1931), Don Luigi Guanella (1865-1931), et Bonifacia Rodríguez de Castro dont les biographies suivent dans les articles ci-dessous.



DON LOUIS GUANELLA
l’ami des pauvres
(1842-1915)

Guérison d’un jeune des Etats-Unis

En juillet dernier, Benoît XVI a reconnu comme miraculeuse la guérison de William Glisson, de Springfield (Etats-Unis), né en 1981, et victime d'une chute en 2002. Sa mère s'était alors procuré une relique de don Guanella et l'avait attachée au poignet de son fils, dont l'état était désespéré. Il a été guéri complètement le 9 avril 2002.

Le bienheureux Louis Guanella est connu pour son œuvre d'assistance aux personnes âgées et aux personnes handicapées mentalement ou physiquement : les « maisons de la Divine Providence ».

Il était né dans une famille de treize enfants, à Côme, dans le nord de l'Italie. Il fit ses études au séminaire diocésain et fut ordonné prêtre en 1866. Il se montra remarquable par son effort de communion permanente avec Dieu, mais aussi par son dévouement envers les pauvres et les personnes handicapées. Pour l'instruction des fidèles, il publia un livret redressant les erreurs doctrinales et morales de l'époque. Il n'en fallait pas plus pour le rendre « suspect » auprès des autorités politiques, dans le bouillonnement du « Risorgimento ». Il subit brimades et injustices.

Pourtant, il voulait faire davantage pour la jeunesse déshéritée, et il rejoignit les salésiens de Don Bosco, à Turin, émettant ses vœux temporaires. Or son évêque ne voulait pas le perdre. En 1878, il dut revenir à Côme. C'est en 1881 que sa fondation prit un tour décisif avec l'institution de deux communautés religieuses qui allaient la diffuser et la poursuivre: les « Filles de sainte Marie de la Divine Providence » et les « Serviteurs de la charité ».

A Rome, il fonda aussi l'archiconfrérie de Saint-Joseph pour l'assistance des agonisants par la prière. Le pape Pie X en fut le premier membre. Elle allait rassembler plus de 10 millions de membres dans les années soixante.

GUIDO MARIA CONFORTI
fondateur des missionnaires xavériens
(1865-1931)

Canonisation en vue, grâce à un nouveau miracle

Le bienheureux Gui Marie Conforti (1865-1931), évêque de Parme, en Italie, fut aussi le fondateur des missionnaires xavériens. Son dernier grand voyage pastoral le mena, en 1928, en Chine.

Il avait commencé par désobéir…

En effet, c'est contre la volonté de ses parents qu'il était entré au séminaire de Parme, à l'âge de 18 ans. Déjà, la vie de saint François-Xavier avait fait naître en lui le désir d'être missionnaire. Un peu avant son ordination il fut frappé d'une maladie mystérieuse dont il fut guéri en se rendant dans un sanctuaire marial.

A partir de 1888, il exerça son ministère comme prêtre diocésain. Mais le 3 décembre 1895, fête de saint François-Xavier, il fonda un séminaire pour la formation des missionnaires. Trois ans plus tard, il fondait la Congrégation de Saint François-Xavier, pour les missions étrangères.

Bientôt, il envoyait deux missionnaires en Chine et fondait une société de soutien des xavériens outre-mer. Cela ne l'empêchait pas de mener de front d'autres responsabilités apostoliques au niveau diocésain. Le 11 juin 1902, il prononçait ses vœux avec les xavériens et commençait une vie faite de visites apostoliques et de programmes de formation. L'année suivante, quatre nouveaux missionnaires étaient envoyés en Chine, et le premier évêque xavérien était consacré.

Lui-même devenait évêque de Parme en 1907 : il se sentait désormais le « berger de deux troupeaux » à des milliers de kilomètres de distance. En août 1918, il devint aussi le président de l'Union des missionnaires italiens. En 1928, il visitait lui-même les missions de Chine, revenant par la Sibérie, en train.

A sa mort, le 5 novembre 1931, les xavériens étaient répandus en Asie, en particulier au Japon, aux Philippines, à Taïwan, mais aussi en Afrique, aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique, et en Espagne.

Sabine Kamariza, du Burundi, guérie par l'intercession du P. Conforti, présentait les offrandes à la fin de la proclamation des nouveaux bienheureux par le pape Jean-Paul II, en 1996. En effet, par son intercession, elle a obtenu une guérison extrêmement rapide, complète et durable d'une tumeur du pancréas vraisemblablement de nature cancéreuse.

Un autre miracle, survenu après sa béatification, a permis sa canonisation. Il a été reconnu par Benoît XVI en juillet dernier. Il s'agit de la guérison d'un enfant brésilien, Thiago João Dos Apostolos Souza, qui souffrait d'une hypoxie grave du cerveau survenue du fait d'un arrêt cardio-respiratoire prolongé du nouveau-né, extrêmement prématuré, et souffrant d'une sepsie généralisée. Sa guérison a eu lieu au Brésil, dans le diocèse de Belo Horizonte, en août 2003.


BONIFACIA RODRIGUEZ CASTRO
Fondatrice des Servantes de saint Joseph
(1837-1905)

Les difficultés rencontrées par la fondation des Servantes de Saint-Joseph

C'est une sainte qui met en évidence la dignité des travailleuses et des artisans et a lutté pour donner du travail aux femmes. Mais la fondation sera incomprise et s'effectuera dans des conditions douloureuses.

Sa biographie complète a été publiée par le Vatican à l'occasion de sa béatification par Jean-Paul II, en 2003.

Bonifacia Rodríguez Castro était une travailleuse simple qui, dans le quotidien, s'ouvrait au don de Dieu et avait le souci du progrès chrétien et social des femmes par la prière et le travail.

Elle avait compris les risques de la condition sociale des travailleuses qu'elle côtoyait, et elle trouva dans la vie simple et cachée de la sainte Famille de Nazareth, un modèle de spiritualité du travail, respectant la dignité de la personne et un moyen de sanctification.

Elle naît à Salamanque (Espagne) le 6 juin 1837 au sein d'une famille artisane. Ses parents, Juan et María Natalia, profondément chrétiens, éduquèrent dans la foi leurs six enfants dont Bonifacia était l'aînée. Juan, tailleur, avait installé son atelier de couture à la maison.

Bonifacia apprit le métier de passementière et commença à gagner sa vie à l'âge de quinze ans, à la mort de son père. Puis elle monta son propre atelier de « passementerie, et d'autres ouvrages », où elle travaillait dans le recueillement en imitant la vie cachée de la sainte Famille.

Ses frères et sœurs moururent encore enfants sauf Augustine qui se maria en 1865. Bonifacia et sa mère menèrent alors une vie spirituelle intense, et fréquentèrent l'église de la Clerecía confiée aux jésuites.

Un groupe de jeunes-filles de Salamanque, amies de Bonifacia, attirées par le témoignage de sa vie, commencent à fréquenter sa maison-atelier le dimanche et les jours de fête. Bientôt, elles formèrent l' « Association de l'Immaculée et de saint Joseph », appelée plus tard « Association Joséphine ».

L'événement qui changea le cours de sa vie fut la rencontre d'un jésuite catalan, le P. Francisco Javier Butinyà i Hospital, originaire de Bañolas-Girona (1834-1899), qui arriva à Salamanque en octobre de 1870. Il était en train d'écrire « La lumière de l'artisan : collection de vies d'illustres fidèles qui se sont sanctifiés dans des professions humbles ».

Bonifacia le choisit comme conseiller spirituel et lui confia son désir de devenir dominicaine, mais le P. Butinyà lui proposa de fonder la congrégation des Servantes de Saint-Joseph. Bonifacia accepta. Avec six autres femmes, membres de l'Association Joséphine - dont la mère de Bonifacia -, la vie de la communauté commença, dans l'atelier, le 10 janvier 1874.

Le 7 janvier, l'évêque de Salamanque, Mgr Joaquin Lluch i Garriga, avait signé le décret d'érection du nouvel institut. L'évêque, catalan comme le P. Butinyà, originaire de Manrèse-Barcelone (1816-1882), avait dès le début accueilli la nouvelle fondation avec enthousiasme.

Dans leur atelier les Servantes de Saint-Joseph offraient du travail aux femmes pauvres qui en manquaient. C'était une forme de vie religieuse audacieuse qui suscita des oppositions.

Le P. Butinyà sera exilé, Bonifacia destituée. Sans aucun mot de revendication, elle proposa au nouvel évêque de Salamanque, Mgr Narciso Martínez Izquierdo, de partir fonder une nouvelle communauté à Zamora. La proposition sera acceptée par lui et par l'évêque de Zamora, Mgr Tomás Belestá y Cambeses.

Bonifacia et sa mère quittèrent Salamanque pour Zamora, le 25 juillet 1883 : elles y firent revivre leur atelier et à Salamanque on commença à « rectifier » le projet incompris. Et lorsque, le 1er juillet 1901, le pape Léon XIII accorda l'approbation pontificale aux Servantes de Saint-Joseph, la maison de Zamora fut exclue.

On ne lui permettra pas de revenir parler à ses sœurs de Salamanque. Mais elle était sûre que la réunification aurait lieu après sa mort. De fait, elle s'éteignit le 8 août 1905, et le 23 janvier 1907 la maison de Zamora s'unit au reste de la congrégation.

dimanche 6 février 2011

CONNAISSANCE

Où va-t-on?
Dimanche 17 octobre 2010

Hier soir j'ai regardé un film étonnant sur les origines de la vie, consacré à la formation de la terre. Ce film scientifique est obligé d'adapter des images récentes qui n'appartiennent pas à cette période, car au moment de la formation de la terre, nous n'existions pas encore: Dieu nous préparait ce qui aurait dû être notre paradis terrestre... Je dois dire que ce film est assez terrifiant, car les débuts de la création de la terre sont durs, surtout lorsqu'on regarde les films, qui sont probablement des enregistrements concernant les anneaux de Saturne. Des blocs de roches emportés dans une ronde sans fin se bousculent, se cognent, s'agglutinent... Puis, la terre ayant pris une bonne taille, des météorites en grand nombre viennent la frapper, explosent, se mêlent à la terre. Et bientôt le feu intérieur s'allume, provoqué par des réactions atomiques.

Le désordre de tout ceci semble monstrueux, et pourtant il y a un but précis: l'homme. Quelle intelligence que celle qui, depuis le bigbang, depuis des milliards d'années, met en ordre une création naissante et encore informe! Pour arriver à quoi? À la terre, insignifiante planète perdue dans un cosmos sans limite apparente. Et la terre, quand elle sera prête, devra nous recevoir!... La terre insignifiante devra recevoir et nourrir des êtres infimes, nous! Infimes, mais vivants... Et d'où vient cette vie? On est en train de découvrir que les acides aminés, qui constituent la matière des corps vivants, ont été apportés sur la terre par les météorites.

Quand la terre fut enfin prête, Dieu créa l'Homme; homme et femme Il le fit. Et Dieu mit l'Homme dans le Paradis terrestre. Tout aurait été parfaitement bien si un être intelligent, à qui Dieu avait confié une partie de la gestion du cosmos, ne s'était pas rebellé contre son créateur. Comment peut-on se rebeller contre Dieu? C'est la question que je me pose constamment et à laquelle je vais essayer de répondre en prenant des exemples très terre à terre, et pour cause: car je ne connais rien d'autre.

Donc, pendant que Lucifer supervisait la gestion du cosmos, gestion assurée par les anges que Dieu avait créés, Dieu poursuivait sa création. Oui, Dieu avait créé les immensités de l'univers, mais, avant, Il avait dû créer, petit à petit, tous les éléments qui le constitueraient: particules formant les atomes, molécules, vibrations, ondes diverses dont les ondes électromagnétiques: la lumière, etc, etc... Tout cela, infiniment microscopique ou insaisissable, devait être fignolé, amélioré, façonné et adapté à toutes les fonctions qui seraient les leurs.

Dieu pouvait maintenant inventer et fabriquer les acides aminés qui seraient les constituants indispensables à la vie. Car Dieu visait une vie qui ne serait pas seulement spirituelle comme Lui et les anges qu'Il avait créés, mais une vie qui intégrerait en elle-même toutes les composantes de ses créations. Dieu pensait à l'Homme. Quelle serait belle, cette créature qui serait à la fois comme un résumé de toute la création matérielle, associée à une étincelle de son Esprit à Lui, le Dieu créateur. Et à cette créature, que Dieu aimait déjà tellement dans sa Pensée, Il ajouterait encore ce qui était comme l'Essence même de son Être: l'Amour. Oui, Dieu aimait déjà l'Homme, et l'Homme pourrait aimer Dieu... Quel bonheur pour Dieu et pour l'Homme! Et quelle intimité les unirait éternellement, Dieu aimant les hommes, et les hommes aimés de Dieu et aimant Dieu jusqu'à en être amoureux!...

Chaque fois qu'Il pensait à l'Homme, Dieu se réjouissait et en secret, Il souriait... Et déjà Dieu pensait à de nouveaux projets: de toutes ses créatures, Dieu ferait un Corps magnifique, un Corps unique, le Corps mystique de son Fils, son Verbe, sa Parole, dont les composantes seraient tous les hommes, donc la matière et l'Esprit, réalisant ainsi l'unité de sa création, à l'image son Unité à Lui, Dieu UN tout en étant Trinité: Père, Fils et Esprit. Mais pour que cette Unité fut réalisée, il fallait que Dieu s'incarnât et devînt un homme ordinaire. Le Père "soupira" de bonheur...

Le bonheur de Dieu était si grand qu'Il ne put s'empêcher d'en parler à son Fils et à son Esprit, qui, forcément étaient d'accord. Oui, le Fils s'incarnerait, prendrait un Corps d'homme; cet homme serait à la fois Dieu et homme, Esprit et matière. Merveille des merveilles: ainsi Dieu serait "vu" à la fois par les êtres spirituels, qui pouvaient déjà "voir" Dieu, et par les êtres charnels, les hommes, qui ne pouvaient pas encore Le "voir". Déjà cet Homme-Dieu avait un Nom: Jésus.

Dieu le Père, dans sa joie, appela Lucifer, ce grand ange si intelligent, vraiment fait de lumière. Dieu le Père lui montra Jésus, son Fils unique incarné dans un corps d'Homme. Et le Père demanda à Lucifer de L'adorer, Lui Dieu, à travers cet Homme. Jésus.

Lucifer fut bouleversé. Comment, lui, le numéro 1 de toutes les créatures, lui esprit pur pourrait-il adorer un homme, un être fait de matière et d'un peu d'esprit, et si inférieur à lui. Non! Lui, Lucifer, n'adorerait jamais cet homme, fût-il aussi "un peu Dieu". D'ailleurs Lucifer prit la résolution de détruire l'humanité dès qu'elle serait créée... Le mal était né. La connaissance du bien et du mal aussi...

Revenons à l'Incarnation. Dans l'infinie immensité de la création matérielle, la terre est minuscule. Et les hommes sur la terre, ne sont que des atomes de poussière. Les chiffres mathématiques, si on les utilise, donnent le vertige. Et Dieu, le Créateur de tout, Dieu veut entrer dans un corps d'homme? Je me perds complètement... Vraiment, c'est incroyable, impossible: l'infini ne peut pas entrer dans un fini, et qui plus est, un fini infiniment petit. Et pourtant! Pourtant, c'est la réalité!

Voici que j'essaie de rejoindre quelques intuitions des grands mystiques: toute la création est dans la main de Dieu. Donc, nous sommes en Dieu, nous baignons en Dieu et tout de nous vient de Dieu. Nous ne sommes pas Dieu, mais de simples créatures, totalement dépendantes de Dieu. Pourtant, puisqu'avant la création il n'y avait rien, c'est bien de son Être, de sa Pensée, de son Essence que Dieu a fait la création, et qu'Il nous a faits... Chaque homme peut se dire: je suis infiniment petit et fini, mais je suis en Dieu, je respire Dieu qui est ma vie. Je ne suis pas Dieu, mais je suis un désir de Dieu. C'est parce que Dieu me désirait qu'Il m'a fait. Et Dieu me veut du bien. Et Dieu me demande de L'aimer... C'est cela mon bonheur, mon bonheur en Dieu. Car Dieu est plus intime à chacun de nous que chacun en particulier. L'Homme est un désir de Dieu; comment imaginer une telle merveille?

Mais l'Ennemi veille, et le mal me veut du mal. Le mal c'est celui qui dérègle la nature, qui me retire de Dieu. Je patauge. Pourtant c'est encore en Dieu que je patauge. Je ne suis pas encore prêt à plonger en Dieu, mais je patauge en Lui, et je m'éclabousse de Dieu car, malgré mes misères et mes faiblesses, Dieu est plus intime à moi-même que moi. Et l'intimité que l'Homme désire tellement avec Dieu, c'est Dieu qui met en l'Homme ce désir. Mais depuis que Lucifer a fait tomber Adam et Ève, depuis qu'il a introduit dans le monde des hommes la connaissance du bien et du mal, le mal me surveille. Le mal surveille tous les hommes et attend le moindre faux pas de leur part pour les éloigner de Dieu. Il suffirait d'un rien pour que je plonge en Dieu et m'éloigne ainsi définitivement du mal. Mais ce mal est parfois si tentant quand Lucifer le fait miroiter dans sa fausse lumière... Seigneur, donne-moi la force de plonger en Toi; donne à tous les hommes le courage de refuser la connaissance du bien et du mal, qui est parfois si tentante.

Seigneur, fais-nous entrer dans ton intimité; fais surtout que nous acceptions l'intimité que Tu désires établir en nous, et que si souvent nous refusons...

Paulette Leblanc