mercredi 30 juin 2010

SI PETITS, ET TELLEMENT AIMÉS

  • COMMENT PEUT-ON ÊTRE ATHÉE?

Hier matin dans un ciel superbement bleu, ce qui est rarissime, j'ai vu un avion. Il devait être à plusieurs milliers de mètres au-dessus de la terre, et le trait que je voyais n'avait pas plus de quatre ou cinq centimètres. L'avion filait et brillait dans le ciel. Soudain je me dis : "Dans cet avion, il doit bien y avoir au moins 100 ou 150 personnes. Je ne peux pas les voir car elles sont bien trop petite par rapport à moi. Si elles souffrent, cela m'est bien égal. Si elles dispa-raissaient, je ne m'en apercevrais même pas... Seigneur, sommes-nous si petits par rapport à nous-mêmes, les uns vis à vis des autres? Et par rapport à toi ? Notre petitesse par rapport à Toi est incroyable. Comment peux-Tu nous voir, nous connaître individuellement, et nous aimer ? Comment es-Tu Quelqu'UN pour chacun de nous, ce Dieu merveilleux, unique mais trine car Amour, et qui se soucie de chacun de nous, individuellement, malgré sa si petite petitesse ?
Quand je voyageais en avion, il m'est souvent arrivé, de regarder la terre à tra-vers le hublot. Tout était si petit sur la terre! Les hommes, je ne les voyais pas. C'est tout juste si parfois, lorsque l'avion n'était pas encore trop haut, je pou-vais distinguer un petit train... probablement plein de voyageurs... invisibles, et pourtant de ma race humaine, et de ma taille. Et voici une chose étrange, éton-nante et très dérangeante: lorsque nous sommes sur la terre avec les autres hommes, à notre échelle, nous nous voyons, nous nous parlons, nous nous ju-geons... et parfois nous nous croyons très grands, bien supérieurs à nos voi-sins. Pourtant, pour celui qui nous voit de très loin, nous sommes si petits! Ef-fets d'optique disent certains... Mais si pour Dieu il y a aussi des effets d'opti-que, alors Lui qui est si infini, comment peut-Il nous voir, nous connaître, nous parler, s'être fait l'un de nous? Pourtant nous sommes véritablement très très petits. Et Dieu nous connaît et nous aime??? Je ne comprends pas.
Seigneur, je reviens sur la terre. Je vois les hommes: beaucoup T'aiment, mais beaucoup aussi ne croient même pas en l'existence d'un créateur. Cela me paraît tellement insensé que je ne peux pas comprendre un tel refus de Dieu. Et je comprends encore moins notre orgueil, l'orgueil des hommes insensés qui se prennent pour des dieux... Oh! évidemment, ce n'est pas facile d'imaginer un Dieu infini qui s'occuperait encore de ses infimes créatures. Comment Dieu peut-Il faire pour s'occuper de chacun de nous, individuellement, et même nous parler! D'ailleurs les hommes savent s'organiser, faire des progrès, déve-lopper des sciences merveilleuses, et bientôt nous comprendrons tout, nous expliquerons tout... Et nous ne mourrons plus... sauf si l'on nous euthanasie...
Qu'est-ce que l'homme dans l'univers? Pratiquement rien. Qu'est-ce que l'homme par rapport à lui-même? Rien. Il est arrivé sur la terre comme sans lui, car il n'y est pour rien. Il a grandi, sans rien faire pour cela, sauf manger, et s'il a mal grandi il n'y est pour rien. S'il est intelligent, tant mieux; s'il est sot, tant pis. C'est comme ça, et l'homme n'y peut rien. Chacun peut se dire: "Je suis né dans un pays et dans une famille et un milieu social que je n'ai pas choisis. C'est comme ça. J'ai eu la chance d'être né français et d'avoir des pa-rents merveilleux. J'aurais pu naître ailleurs, en Chine et être abandonné dès ma naissance, surtout si je suis une fille. Tout ce qui me concerne se fait sans moi. Au fond, je suis dans un monde et surtout dans un univers que je subis et sur lesquels je ne peux pas agir."
Je ne peux rien contre les tremblements de terre, ni contre aucune des calami-tés naturelles. Je ne peux rien sur la croissance des plantes, ni sur le climat, ni sur ce qui m'entoure. Et quand les hommes croient agir sur le climat ou la croissance des plantes, etc., rapidement la nature montre que la maîtresse, c'est elle, et pas les hommes. Les hommes arrivent sur la terre, et ils n'y sont pour rien. Ils devront lutter pour vivre, se développer, faire des choses, puis ils mourront, et d'eux, il ne restera rien. Alors, vivre, à qui est-ce que cela sert? Et quel sens a la vie. Il me semble avoir une certaine conscience de moi-même, mais est-ce certain? Je dépends entièrement de la nature, des autres hommes qui sont tout aussi contingents que moi; dès ma naissance je suis condamné à mort. Alors, la vie, à quoi ça sert? Et est-ce que je vis vraiment, est-ce que j'existe? Quand je pense à tout cela je perds pied, et pourtant, dès qu'un autre homme: un confrère, un collègue ou un ami, arrivera près de moi, je me com-parerai à lui, je pourrai l'aimer ou le détester, lui faire du bien ou du mal. Tout ceci n'ayant d'ailleurs aucune importance puisque nous sommes tous les deux condamnés à mort... Ma petitesse s'étale partout dès que je contemple l'uni-vers, et encore plus quand je mets des chiffres pour "mesurer". Là je panique!...
Mon Dieu! Je dis: "Mon Dieu!" Mais n'est-ce qu'un mot, ou est-ce que je dois ma vie à quelque chose, ou à Quelqu'Un? Je me perds, j'ai peur. Et si je m'ar-rête là dans mon raisonnement, je n'ai plus qu'à me suicider, ce que font de plus en plus de gens dans notre société désespérée car condamnée inexorable-ment. Condamnée sans espoir car la vie n'a pas de sens; d'ailleurs, je n'existe pas vraiment: alors à quoi bon se donner du mal et souffrir? Ma vie n'est qu'une illusion... Mais si ma vie est une illusion, c'est que quelque chose au moins existe: l'illusion... Et je sers à quoi dans cette illusion? Et si cette illusion était, en vérité, le reflet de ma réalité? Si illusion il y a, c'est que l'illusion existe, et moi aussi qui me voit dans cette illusion... Notre monde sans Dieu se perd et il appelle au secours: "Mon Dieu! au secours!"
Tiens! "Mon Dieu! au secours!" Mon Dieu??? Mais qu'est-ce que c'est? Y au-rait-il quelque chose à quoi je puisse me raccrocher? Quelque chose, ou Quel-qu'UN qui pourrait venir à mon secours? Qui pourrait me comprendre? Quel vertige! Quelle détresse! Quelle horreur que la vie sans Quelqu'Un que je puisse trouver! Notre monde est au fond de l'abîme qu'il a lui-même creusé, ou plutôt qu'on lui a fait creuser pour le perdre. Mais "on", qui est-ce? L'homme ne peut pas s'accrocher au néant qui n'existe pas et qui pourtant l'aurait créé!!! Dilemme impossible! Désespérance infinie!... "Mon Dieu, au secours!"
Désespérance infinie qui pourtant n'existe pas si le néant de l'homme n'a que le néant infini, c'est-à-dire "RIEN" pour lui répondre. Car si l'on suit le raison-nement des athées de plus en plus nombreux, on sombre dans le raisonne-ment-néant, d'un être-néant, venu au monde-néant, pour vivre une vie-néant qui n'existe donc pas, et pour, cependant, y souffrir une souffrance que je ne peux qualifier de néant puisque je la sens...
Mon Seigneur! Je me perds. Je n'arrive plus à raisonner comme les athées. De ce que je viens d'écrire je n'invente rien. Mais ce que je comprends encore moins, c'est que les athées qui sont devant cette impasse ne poursuivent pas leurs raisonnements, mais s'arrêtent brusquement, comme si leur intelligence était bloquée, pour dire: "Je verrai bien quand je serai mort!"
"Je verrai bien quand je serai mort!!!" Je n'invente rien: c'est ce que j'entends parfois dans les maisons de retraite. Nos pauvres vieux sont perdus eux aussi. Ils ont perdu la foi (ou plutôt on la leur a fait perdre) ils ont perdu Dieu. Ils ne croient plus en Dieu, et pourtant, inconsciemment, comme pour se rassurer, ils ne Le rejettent pas complètement. On verra bien quand on sera mort! Mais si Dieu n'existe pas, s'il n'y a que le néant, ils ne pourront rien voir puisqu'il n'y aura rien à voir et qu'eux-mêmes, perdus dans le néant et néant eux-mêmes ne pourront plus rien voir.
Seigneur, vraiment c'est atroce d'essayer de parler comme les athées. Alors, de nouveau j'affirme ma foi. Oui, Dieu existe: de cela je suis sûr. Et la contempla-tion de l'espace sidéral qui nous entoure, malgré les peurs viscérales qu'elle peut susciter en nous, nous ramène dans le Cœur de Dieu, je vais m'expliquer.
A suivre...

Paulette Leblanc