vendredi 17 novembre 2006

CACOPHONIE...

Il faut interpréter, adapter…

Cher ami, je ne vous prends que quelques minutes pour me calmer un peu.
Il faut que nous continuions notre travail, il le faut absolument...

Je rentre de la messe consternée, c'est peu de le dire. Vous avez lu l'Évangile de ce matin… il s’agit de l’Évangile d'aujourd'hui, 17 novembre 2006, où il est question du retour du Christ et des signes qui le précèderont .

Eh bien, ce n'est pas vrai, Dieu ne peut pas dire ça, Dieu n'est pas un juge. Jésus se sert comme ses contemporains du langage des apocalypses. Dieu n'envoie pas de catastrophes, etc., etc. Pauvre prêtre, soixante-huitard attardé : et c'était un professeur ! Comment s'étonner que tant d'ex-chrétiens aient quitté l'Église ?

Pour ceux qui vont au bout de tels raisonnements, il n'y a pas grand chose de vrai dans l'Évangile: il faut interpréter, adapter. En langage clair et un peu vulgaire, depuis deux mille ans on ne nous raconte que des bobards et nous sommes de grands imbéciles de croire ces sornettes.

Mais, nous, nous savons !Nous savons si bien que notre Église se meurt.
Ce matin j'ai eu beaucoup de mal à me contenir. Quand vont-ils cesser de faire tout ce mal.

Cher ami, je ne suis qu'une pauvre sotte, mais j'ai la faiblesse de croire encore à la parole de Dieu; je ne veux pas l'interpréter à ma façon : je crois que Jésus a dit vrai et que nous n'avons pas besoin de mettre en doute sa parole. Et je crois aussi qu'Il est ressuscité.

Vraiment, je suis bien ringarde et retardée. Mais je n'ai pas envie de changer, seulement de me mettre en colère. Prions, prions, et continuons...

(Antoinette, de la région parisienne)

LETTRE A MON CURÉ

Dommage que vous dérapiez parfois...

Père,

Après avoir écouté votre homélie de Dimanche (1) je voulais vous poser trois questions :

– Pensez vous que vos propos aient été inspirés par l’Esprit Saint ?

— Pensez vous que ces propos fassent grandir le Corps Mystique du Christ, Son Église?

— Pensez vous que ces propos aient été inspirés par la charité chrétienne ?

J’avoue que j’ai été très choquée et je tenais à vous le dire. Pourquoi envoyer ce venin contre vos frères prêtres qui veulent garder une soutane, et les ridiculiser en disant « qu’ils ont des problèmes de zizis ». Quelle image de ces prêtres auront tous ces jeunes qui assistaient à la Messe ? Ce sont des critiques qui n’ont pas de sens. J’ai connu en pèlerinage un jeune prêtre de Toulon, en soutane et qui vit dans les quartiers difficiles, il disait que la soutane était respectée par les jeunes de ces quartiers comme ils respectaient leur imam.

Pour moi, ceux qui portent la soutane sont ceux qui ont le courage de témoigner qu’ils sont tout donnés au Christ, ils sont la Lumière sur le boisseau et non pas le sel affadi.

Je vous signale d’autre part que les problèmes de zizis comme vous dites il y en a tout autant chez les prêtres en civil, la preuve ce pauvre père (…) qui a trahit sa parole, s’est défroqué et est même père de deux enfants actuellement… alors !

Quant au latin, où avez-vous lu qu’il n’était plus de mise ? Grâce à vous j’ai relu les textes du Concile et je me suis aperçue que bien au contraire le latin était recommandé. L’Église de France a fait une drôle d’interprétation de ces textes ! Il est toujours bon de retourner aux sources ; c’est à Rome que se trouve la Lumière de Notre Église.

Père je continue à prier pour vous, ce que je fais très régulièrement depuis que je suis revenue de Medjugorge. Vous nous édifiez bien souvent, dommage que vous dérapiez parfois.

En union de prières dans le Cœur de Jésus-Marie

(Région Champagne-Ardenne)



(1) Le dimanche en question est le dimanche 12 novembre 2006.

APPEL A LA SAGESSE

On se calme…

Depuis quelques semaines il règne un certain malaise dans le milieu ecclésiastique.

J’ai cru, à un moment donné, que cela venait uniquement du fait que le Saint-Père ait annoncé la possibilité de la “libéralisation” de la Messe tridentine, dite aussi Messe “selon le rite de saint Pie V”.

Mais, même si cette éventualité peut être considérée comme l’une des raisons, elle n’explique pas tout.

Nous recevons régulièrement un grand nombre de messages électroniques, dans lesquels les chrétiens s’expriment librement et nous présentent leurs “doléances”, comme si nous avions un quelconque pouvoir pour les résoudre… Cela est tout de même fort sympathique, car cela démontre la confiance qu’ils déposent en nous et dans nos faibles moyens. Nous les en remercions.

Nous les lisons, bien entendu, avec beaucoup d’attention et répondons en notre “âme et conscience”, selon nos humbles connaissances.

S’il s’agit d’une question plus “ardue”, qui nous dépasse, nous demandons alors conseil à l’un ou l’autre de nos amis prêtres.

Deux messages nous sont arrivés ces deux derniers jours (16 et 17 novembre 2006) qui ont attiré notre attention et nous avons décidé de les partager avec vous.

Il ne s’agit en aucun cas de porter un jugement, mais uniquement de vous faire découvrir, tout simplement, le malaise actuel.

Nous vous invitons à vous joindre à nous dans la prière pour les prêtres et pour les vocations sacerdotales et religieuses…

Que le Seigneur nous bénisse tous et nous montre clairement que le seul et vrai chemin est celui qui conduit à Lui.

Alphonse Rocha

mercredi 15 novembre 2006

SUR LA VOCATION SACERDOTALE

Personne ne peut arrêter cette lumière

La vocation sacerdotale se comprend et s'explique précisément à la lumière du rameau intimement uni à la vigne qu'est le Christ (cf. Jn 15, 5) ; c'est en ce sens que nous sommes "alter Christus" ! Dans cette vigne monte une sève qui donne la vie : la miséricorde du Père. Sans miséricorde les hommes deviennent comme une terre aride où le désert avance implacablement en dévorant l'espérance. Le cœur de l'homme ressemble alors à une caverne obscure et solitaire.

Jésus ressuscité, au contraire, veut entrer dans notre vie, imprégner de lui-même tout notre être, tant humain que spirituel ; prêtres, il veut nous inonder de bonté et de compassion. C'est pour toujours que le Ressuscité a fait rouler la pierre du sépulcre, et la lumière de sa miséricorde s'est répandue dans le cœur de ceux qui lui donnent leur confiance.

Personne ne peut arrêter cette lumière, rien ne peut la limiter, elle se répand sur tous les hommes de bonne volonté qui, dans l'humilité, restent ouverts à la puissance de l'amour miséricordieux de Jésus, amour qui jaillit de ses plaies glorieuses.

Je te souhaite aujourd'hui, cher Prêtre, de faire une expérience toujours plus profonde et plus efficace de la bonté du Seigneur qui t'a choisi et qui t'a oint pour être son consacré. Je te souhaite d'être toi-même un espace de miséricorde pour chacun de tes confrères et pour tous les hommes !

Du Vatican, le 13 mai 2001

Dario card. Castrillón Hoyos

DIGNITÉ, DIVERSITÉ ET UNITÉ DE L'ECRITURE

Sur les écrivains sacrés

Quand un auteur sacré parle, c'est évidemment pour dire quelque chose ; les paroles inspirées ne sont pas un bavardage vide et superflu. N'est-il pas vrai, en effet, que lorsqu'un homme sage prend la parle, ce qu'on attend de lui, avant tout, ce sont des propos qui ne soient pas indignes de sa valeur morale et intellectuelle, qui ne viennent pas au hasard et n'aillent pas à l'aventure, mais qui naissent de raisons plausibles, qui répondent utilement à l'attente des auditeurs et s'accordent avec le prestige de celui qui parle ? S'il en est ainsi, combien plus doit-on juger de même quand il s'agit de paroles sacrées ? Oui, tout ce qui s'y trouve doit être, pour nous, élevé, divin, conforme à la raison, irrépréhensible.
Mais la plupart du temps, pour ne pas dire toujours, il nous arrive — et c'est bien notre faute — qu'au moment où l'on fait la lecture à l'église, nos oreilles et nos cœurs battent la campagne très loin de là, ce qui nous empêche d'entendre ; et ce manque d'attention rend méprisable à nos yeux la valeur des paroles divines. Au lieu d'écouter la lecture, nous passons notre temps à faire nos comptes, à nous mettre en colère, à remuer nos griefs, à revivre en esprit nos plaisirs coupables. Pendant que nous sommes ainsi occupés, nos oreilles sont sourdes et notre esprit sommeille. Et si même quelques bribes du texte lu tombent par hasard dans nos oreilles, notre esprit, écrasé par les soucis du monde, reste insensible à la portée de ce qu'il entend, et comme il n'en acquiert pas une connaissance précise, il n'y attache que peu d'importance.
Or, le contenu des livres sacrés renferme en soi les germes de progrès les plus puissants pour le salut de l'homme et son éducation spirituelle ; et c'est pour nous que tous ont été écrits, afin que nous y trouvions les principes directeurs d'une vie pure, la connaissance de Dieu, la science de notre origine et de notre nature, l'intelligence des réalités à venir. Et comme l'esprit humain ne saurait par lui-même embrasser d'un seul regard des horizons aussi vastes, la variété des enseignements sacrés doit l'élargir à la mesure d'une telle science.
En effet, il y a bon nombre d'auteurs sacrés, et leur message est très riche et très divers. Il y a aussi un grand nombre de psaumes, et chacun d'entre eux est plein d'enseignements variés. Sans doute, tous reprennent-ils le même corps de doctrine, toujours identique ; c'est cependant par des moyens différents qu'ils nous conduisent tous vers la même voie de la science. Ainsi, tout n'est pas présenté en même temps (car nous ne saurions tout recevoir d'un seul coup), mais la vérité se déploie en parties successives ; et, en prenant contact avec chacune de ces parties, nous progressons dans la connaissance de l'ensemble.
saint Hilaire de Poitiers

mardi 14 novembre 2006

PAROLES DU SAINT-PERE

Jean-Paul II a dit...

« J'estime que le moment est venu d'engager toutes les forces ecclésiales dans la nouvelle évangélisation. »[1]

*****

« La mission renouvelle l’Église, renforce la foi et l'identité chrétienne, donne un regain d'enthousiasme et des motivations nouvelles. La foi s'affermit lorsqu'on la donne ! La nouvelle évangélisation des peuples chrétiens trouvera inspiration et soutien dans l'engagement pour la mission universelle.

Mais ce qui me pousse plus encore à proclamer l'urgence de l'évangélisation missionnaire, c'est qu'elle constitue le premier service que l’Église peut rendre à tout homme et à l'humanité entière dans le monde actuel, lequel connaît des conquêtes admirables mais semble avoir perdu le sens des réalités ultimes et de son existence même. »[2]

*****

[1] 1990 Jean-Paul II, Redemptoris mission, 3
[2]
1990 Jean-Paul II, Redemptoris missio, 2.

NOUS AVONS CHASSÉ DIEU

Nous avons "tout faux"...

Après la catastrophe du 11 septembre, des millions de personnes se sont interrogées et demandé pourquoi Dieu avait permit un tel carnage, une telle horreur.

On dit que la vérité sort de la bouche des enfants. En effet, une jeune fille interrogée à ce sujet apporta cette réponse que nous devons tous méditer :

"Je crois que Dieu a été profondément attristé par tout ça, au moins autant que nous, mais depuis des années nous lui demandons de sortir de nos écoles, de sortir de nos gouvernements et de sortir de nos vies. En tant que "gentleman", il s'est calmement retiré. Comment pouvons-nous espérer que Dieu nous donnera sa bénédiction et sa protection si nous insistons pour qu'il nous laisse seul ?"

Au nom de la liberté de culte et de la séparation entre les Églises et l’État, on a demandé que l’on ne prie plus dans les écoles et que l’on enlève les crucifix, et nous avons dit oui.

Maintenant, quand nous regardons ce qui se passe dans certaines écoles, cela nous fait froid dans le dos !

Puis, ce fut le tour de la Bible et de l’éducation religieuse et morale. Là encore nous avons dit oui.

Maintenant, on ne parle plus de Dieu, le manque de moral est d’une évidence affligeante…

C'est drôle de voir à quel point il est simple pour les gens de jeter Dieu et se demander ensuite pourquoi leur monde devient un enfer à quel point nous croyons tout ce que les journaux disent et remettons en question tout ce que la Bible dit.

C'est drôle de voir que nous pouvons envoyer des "histoires drôles" par courriel qui se répandent comme un feu de paille mais lorsqu'on envoie des messages à propos de Dieu, les gens y réfléchissent à deux fois avant de les partager.

C'est drôle de voir que des articles impudiques, grossiers, vulgaires et obscènes se propagent si facilement et librement, mais les discussions publiques sur Dieu sont supprimées des écoles et des entreprises.

C’est drôle de passer une heure ou deux à faire du «laiche vitrines», pas du tout drôle de passer un quart d’heure en prière, pour réciter le Chapelet !

C’est drôle de voir le temps que l’on passe devant la télévision, mais nous trouvons le temps long, quand nous allons à la Messe !

C’est encore drôle d’aimer les prolongations d’un matche de football, mais pas du tout drôle si un prêtre fait une homélie un peu plus longue que d’habitude !

C’est drôle de ne plus réprimander nos enfants et de céder à tous leurs caprices. Il est certainement moins drôle d’aller les visiter en prison.

Si cela vous fait rire, riez de bon cœur, mais ne retournez pas la faut à Dieu, car Dieu vous laisse libres d’agir à votre guise : vous l’avez exclu de votre vie de tous les jours !

Oseriez-vous copier ce message et l’envoyer à une dizaine de vos amis ?

Mais non, je vous vois d’ici : vous n’avez pas le temps et de surcroît vous avez honte : que va-t-on penser de moi ?

C'est drôle de voir que nous nous préoccupons plus de ce que les gens pensent de nous que de ce que Dieu pense de nous.

samedi 11 novembre 2006

« MEFIEZ-VOUS ! »

L'enseignement de Jésus

« Jésus s'était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc ».

Après cette longue et pertinente observation des faits et gestes de la foule, Jésus lança à ses disciples :

« Méfiez-vous ! »

Voila un avertissement qui a son importance : se méfier.

Mais, se méfier de qui et pourquoi ?

Jésus le dit aussitôt : « des scribes », ces hommes cultivés qui scrutent les écritures et qui les commentent avec autorité. Ils connaissent tout et leur avis fait “jurisprudence” ; ils sont crains par le peuple, car en plus de leur “savoir”, ils ont de l’autorité, une autorité qui n’est pas toujours utilisée à bon escient… Ce qui est cause de “méfiance” et parfois aussi de haine.

Mais, Jésus va encore plus loin : Il explique pourquoi le “petit peuple” doit se méfier de ces hommes puissants : tout simplement parce qu’ils « tiennent à sortir en robes solennelles et aiment les salutations sur les places publiques, les premiers rangs dans les synagogues, et les places d'honneur dans les dîners ». Ce sont des paradeurs, des faux “spirituels”, des comédiens menteurs.

Cette argumentation de Jésus ressemble fort à une autre qu’Il a adressée aux mêmes scribes, les appelant de “sépulcres peints en blanc et remplis de pourriture”.

Et comme si cela ne suffisait pas, le Seigneur ajoute encore : « Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement : ils seront d'autant plus sévèrement condamnés ».

Ce sont des rapaces, des “loups déguisés en agneaux”. C’est pourquoi je jugement de Jésus est terrible : « ils seront d'autant plus sévèrement condamnés ».

Nous pourrions faire ici des comparaisons entre les “scribes” du temps de Jésus et les “scribes” de notre temps, mais il est préférable éviter ce qui aurait pu paraître de la médisance. Une chose est certaine, toutefois : ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Les jours passent et avec eux les semaines, les mois, les années, les siècles, mais les “tordus” restent des tordus à quelques variantes près…

Mais, regardons l’autre face du miroir…

Jésus a vu la pauvre veuve mettre, elle aussi, son obole. Elle ne faisait pas sonner les trompettes ni ne s’était habillée de babioles voyantes : elle était pauvre et était donc habillée comme une pauvre. Elle sortit de sa pauvre bourse tout ce qu’elle avait et le déposa dans le tronc. Maintenant qu’elle n’avait plus rien, elle pouvait mourir tranquille, le cœur léger, contente d’avoir fait une bonne œuvre, elle qui en avait plutôt besoin. C’est pourquoi Jésus dit à ses disciples :

« Cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. »

Et, comme ils paraissaient étonnées d’une pareille affirmation, Il leur expliqua :

« Tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. »

Tirons de ces deux exemples opposés les leçons pour notre vie de chaque jour :

“Méfions-nous” comme de la peste des paradeurs qui vous font des discours vides et des propositions de vie chrétienne qui n’ont rien à voir avec l’Évangile de Jésus-Christ.

Portons dans notre cœur et aidons, autant que possible, le “petit reste” des “va nu pieds” qui, malgré leur pauvreté, sont capables de vous donner de l’amour et des exemples concrets de ce qu’est en vérité la vie chrétienne de tout enfant de Dieu, sans vous demander de contrepartie. Amen.

Charles Brasil

jeudi 9 novembre 2006

« Ne l'empêchez pas ! »

On appelle souvent bien, ce qui est mal...

« Nous sommes souvent tentés d’empêcher de parler ou d’agir celui qui ne parle pas comme nous ou ne fait pas comme nous… Nous sommes souvent imbus de préjugés de science, alors que la seule certitude que nous pouvons avoir c’est qu’à l’heure même de la mort, nous ne savons toujours pas grande chose…

Si l’un de nos voisins est pieux, disons clairement : très pieux, nous le taxons d’arriéré et d’autres noms du même genre, tout simplement parce qu’il prie plus que nous, parce qu’il s’est choisi une voie plus intime avec Jésus…

Si l’une de nos connaissances vous dit avoir des locutions intérieurs, c’est la catastrophe : c’est un illuminé, il faut qu’il aille consulter un psychiatre, etc.

Si l’un de vos amis vous dit : “Moi, je vais à la Messe tous les dimanches et je me confesse au moins une fois par mois”, vous levez les bras au Ciel et vous lui dites, avec une assurance déconcertante : “Mais, mon vieux, ça c’est l’Église du passé… On n’est plus obligé d’aller à la Messe tous les dimanches et, pour se confesser il y les cérémonies pénitentielles…” Et vous êtes contents de vous parce que vous pensez avoir donné un bon conseil…

Où va le monde !...

En agissant de la sorte, nous nous accordons un don que nous n’avons pas : celui de juger notre prochain, et de surcroît nous manquons de charité chrétienne, car il est bien dit dans les textes sacrés que « l’Esprit souffle où et quand Il veut ».

Alors, mes amis, moi et vous, vous et moi, soyons moins prompts à juger et bien plus pressés de prier les uns pour les autres et, gardons en notre cœur le conseil de Jésus :

« Ne l’empêchez pas ! »

Charles Brasil

HISTOIRE ENTRE AMIS

Cela peut paraître bizarre que dans un Blog comme celui-ci on puisse raconter des histoires…
Mais, je prends le risque de la bizarrerie…
Ils étaient trois amis, des amis très complices… Ils ne se cachaient rien… leurs vécus étaient connus de tous, dans les moindres détails, y compris les plus intimes secrets… ou presque.
On les connaissait sous le sigle des trois « C », car leurs prénoms commençaient par cette lettre : Claude, Charles et Christian.
Claude était militaire de carrière; Charles était commandant de gendarmerie et Christian était prêtre.
Pour des raisons que j’ignore, ils ont décidé de se rencontrer un soir après leur travail, vers 19 heures, dans l’un des restaurants les plus en vue de leur ville, seuls, sans leurs femmes, pour ne pas heurter la sensibilité de Christian qui, étant prêtre, était donc célibataire.
Ils arrivèrent presque en même temps…
Claude avait gardé son uniforme, aussi bien que Charles, car ils n’avaient pas eut le temps de le changer.
Le serveur vînt les voir et, tout naturellement, s’adressant à Claude, il lui dit :
— Mon lieutenant, prenez-vous un apéritif ?
Puis, de même, vis-à-vis de Charles :
— Mon Commandant, prendrez-vous un apéritif ?
Enfin, s’adressant à Christian, d’un air malin, il lui dit :
— Mon… Mais, au fait, vous êtes quoi, vous ? Vos amis je les reconnais à leurs habits, mais vous…
— Mon cher ami — dit alors Christian un peu décontenancé — ce n’est pas l’habit qui fait le moine… et pour cause, je suis prêtre…
— Et pour cause… — repris le serveur d'un air amusé — vos amis je savais que l’un était militaire et l’autre gendarme parce qu’ils en portent l’uniforme, mais vous, je suppose que vous avez oublié votre soutane chez vous…
Christian le regarda fixement pendant un instant, sourit, mais ne répondit pas… il avait compris la leçon : même si l’habit ne fait pas le moine, il est un moyen sûr de le faire connaître et respecter pour ce qu’il est et pour ce qu’il représente.
Moral de l’histoire : il faut porter l’uniforme correspondant à sont état afin que ceux qui nous croisent sachent qui nous sommes… et nous respectent pour ce que nous représentons !...
Alphonse Rocha

ON Y PERD SON LATIN

Relisons Vatican II

Le tsunami déclenché par l’annonce que le Saint-Père pourrait, par un “Moto Proprio” autoriser la messe en Latin — celle de saint Pie V qu’affectionnent particulièrement les traditionalistes — me rend triste et en même temps agacé par certaines attitudes plutôt indignes de la part de certains hommes d’Église.

Il faut savoir que la Messe dite de saint Pie V n’a jamais été interdite et encore moins abolie, car elle ne peut pas l’être.

Entendre parler de Messe en latin est pour certains synonyme de traditionaliste, d’adepte des thèse de feu Mgr Lefèvre… mais, est-ce seulement là la raison qui fait bondir un certain nombre de “bons” chrétiens catholiques qui ne “voient” que Vatican II ?

Je ne le crois pas… Et je crois encore moins qu’un nombre important de ces mêmes chrétiens catholiques connaissent vraiment les textes du grand Concile que fut celui du Vatican II : l’Esprit Saint y parle clairement, car Il l’a inspiré.

Et est donc dommageable que ceux qui s’insurgent sur un éventuel retour de la Messe en latin — qui ne sera imposée à personne — démontrent autant de méconnaissance de ces textes.

Le Préambule du texte publié en 1963 sur la “Sainte Liturgie”, dit ceci :

« 1 Puisque le saint Concile se propose de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles ; de mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements ; de favoriser tout ce qui peut contribuer à l'union de tous ceux qui croient au Christ, et de fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes dans le sein de l'Église, il estime qu'il lui revient à un titre particulier de veiller aussi à la restauration et au progrès de la liturgie. »

Au paragraphe 36, nous pouvons encore lire et relire :

« 1. L'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins

2. Toutefois, soit dans la messe, soit dans l'administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l'emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres suivants, pour chaque cas. »

Mais, les explications ne s’arrête pas là. Un peu plus loin, le même document conciliaire, au paragraphe 54 nous dit :

« On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec concours de peuple, surtout pour les lectures et la "prière commune", et, selon les conditions locales, aussi dans les parties qui reviennent au peuple, conformément à l'article 36 de la présente Constitution.

On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine aussi les parties de l'ordinaire de la messe qui leur reviennent. »

Après ces éclaircissements, une question peut et doit se poser :

Pourquoi ce remue-ménage autour d’un sujet qui a été voulu et approuvé par le Concile du Vatican II ?

Ne serions-nous pas — en tout cas les contestataires de cette décision éventuelle — des “empêcheurs de tourner en rond”, des éternels insatisfaits et des contestataires invétérés qui, tels des syndicalistes têtus, sont toujours prompts à contester toutes les décisions, même quand ils sont conscients que cela doit se faire…

Il est triste que des évêques — ceux-là même qui devraient connaître à fond les textes du Concile — se joignent à cette “contestation” intempestive et inutile.

Si le Pape veut essayer de rassembler, pourquoi d’autres “bergers” s’opposeraient à lui et risquent ainsi un nouveau schisme au sein de l’Église catholique ?

Relisons ensemble Vatican II, et plus particulièrement le texte qui nous intéresse ici : celui de la Constitution Apostolique Sacrosanctum Concilium et laissons à Pierre le soin de faire paître ses brebis comme il l’entend, comme le Saint Esprit lui inspire de faire.

Alphonse Rocha