jeudi 12 février 2015

LETTRE D'UN ÉVÊQUE

Le site Rorate Caeli a publié la courageuse lettre de Mgr Jan Pawel Lenga, évêque émérite du Diocèse de Karaganda au Kazakhstan, traduite sur Benoît-et-moi. Certains passages s’appliquent à la France et à son processus de nomination épiscopale :

« J’ai eu l’expérience de vivre avec des prêtres qui étaient dans les prisons et les camps staliniens et qui sont néanmoins restés fidèles à l’Eglise. Pendant le temps de la persécution ils ont rempli avec amour leur devoir sacerdotal prêchant la doctrine catholique, menant une vie digne dans l’imitation du Christ, leur Maître du Ciel.
J’ai achevé mes études de prêtre dans un Séminaire clandestin en Union Soviétique. J’ai été ordonné prêtre dans le secret, pendant la nuit, par un pieux évêque qui avait lui-même souffert pour amour de la foi. Dans la première année de mon sacerdoce j’ai eu l’expérience d’être expulsé du Tadzhikistan par le KGB.
Par la suite, pendant mes trente années de séjour au Kazakhstan, j’ai servi dix ans comme prêtre, ayant la charge des fidèles dans 81 localités. J’ai ensuite servi 20 ans comme évêque, dans un premier temps comme évêque de cinq Etats d’Asie Centrale, couvrant une aire totale d’environ quatre millions de kilomètres carrés.
Pendant mon ministère d’évêque j’ai été en contact avec le Pape Saint Jean-Paul II, ainsi qu’avec de nombreux évêques, prêtres et fidèles en différents pays et en différentes circonstances. J’ai fait partie de quelques assemblées du Synode de Evêques au Vatican qui traitaient de sujets comme « Asie » et « Eucharistie ».
Cette expérience, ainsi que d’autres, me donnent la compétence pour pouvoir exprimer mon opinion sur l’actuelle crise de l’Eglise Catholique. Ce sont mes convictions et elles sont dictées par mon amour de l’Eglise et par le désir d’un authentique renouveau dans le Christ. Je suis obligé de recourir à ce moyen public d’expression car je crains que toute autre méthode serait accueillie par un mur de silence et d’indifférence.
Je suis conscient des possibles réactions à cette lettre ouverte. Mais, en même temps, la voix de ma conscience ne me permet pas de rester en silence, alors que l’œuvre de Dieu est vilipendée. Jésus Christ a fondé l’Eglise Catholique et nous a montré en paroles et en action comment on doit accomplir la volonté de Dieu. Les apôtres à qui Il a conféré autorité dans l’Eglise, ont rempli avec zèle le devoir qu’Il leur a confié, souffrant pour l’amour de la vérité qu’il fallait prêcher, car ils « obéissaient à Dieu plutôt qu’aux hommes ».
De nos jours, il est malheureusement de plus en plus en plus évident que le Vatican, à travers la Secrétairerie d’Etat, a pris le chemin du politiquement correct. Quelques Nonces sont devenus les propagateurs du libéralisme et du modernisme. Ils sont devenus experts dans le principe du « sub secreto Pontificio », par lequel on manipule et réduit au silence les voix des évêques. Ce que le Nonce affirme leur apparaît comme relevant presque certainement du désir du Pape. Avec de telles méthodes on sépare les évêques l’un de l’autre avec le résultat que les évêques d’un pays ne peuvent plus parler unanimement dans l’esprit du Christ et de Son Eglise, dans la défense de la foi et de la morale. Cela signifie qu’afin de ne pas tomber en disgrâce aux yeux du Nonce, certains évêques acceptent ses recommandations, qui sont parfois basées sur rien d’autre que ses propres paroles. Au lieu de propager avec ardeur la foi, de prêcher avec courage la doctrine du Christ, et de se tenir fermes dans la défense de la vérité et de la morale, les rencontres des Conférences des Evêques traitent souvent de sujets étrangers à la nature des devoirs des successeurs des apôtres.
On peut observer à tous les niveaux de l’Eglise une baisse évidente du sens du « sacrum ». L’ « esprit du monde » nourrit les pasteurs. Les pécheurs donnent à l’Eglise les instructions sur la façon dont elle doit les servir. Dans l’embarras, les Pasteurs restent silencieux sur les problèmes courants et abandonnent les brebis tandis qu’ils se nourrissent eux-mêmes. Le monde est tenté par le diable et s’oppose à la doctrine du Christ. Et néanmoins les Pasteurs sont obligés d’enseigner toute la vérité sur Dieu et les hommes « à temps et à contretemps ». [2 Timothée, 4:2]
Pendant le règne des derniers Papes, on a pu toutefois observer au sein de l’Eglise le plus grand désordre au sujet de la pureté de la doctrine et du caractère sacré de la liturgie, dans laquelle n’est pas accordé à Jésus Christ l’honneur visible qui lui est dû. Dans plus d’une Conférence épiscopale, les meilleurs évêques sont considérés « persona non grata ». Où sont les apologistes de nos jours, qui annonceraient aux hommes de manière claire et compréhensible la menace du risque de la perte de la foi et du salut?
De nos jours la voix de la majorité des évêques ressemble plutôt au silence des agneaux face à des loups furieux, le fidèle est abandonné comme un troupeau sans défense. Le Christ a été reconnu par les hommes comme quelqu’un qui parlait et agissait, comme quelqu’un qui avait pouvoir et ce pouvoir il l’a donné à Ses apôtres. Dans le monde d’aujourd’hui les évêques doivent se libérer de tous liens mondains et, après avoir fait pénitence, se convertir au Christ afin que, renforcés par le Saint Esprit ils puissent annoncer le Christ comme le seul et unique Sauveur. On doit finalement rendre compte à Dieu de tout ce qui a été fait et de tout ce qui n’a pas été fait.
J’estime que la faible voix de nombreux évêques est une conséquence du fait que dans le processus de nomination des nouveaux évêques les candidats sont insuffisamment examinés au sujet de leur fermeté et courage dans la défense de la foi, au sujet de leur fidélité aux traditions séculaires de l’Eglise et de leur dévotion personnelle. En matière de nomination des nouveaux évêques et même des cardinaux il devient de plus en plus évident que la préférence est parfois donnée à ceux qui partagent une certaine idéologie ou à certains groupes étrangers à l’Eglise qui ont commissionné la désignation d’un candidat particulier. Par ailleurs il semble qu’on donne parfois considération aussi à la faveur des médias qui en général raillent les candidats saints en en donnant une image négative, tandis que les candidats qui possèdent en moindre degré l’esprit du Christ sont loués comme ouverts et modernes. Par ailleurs les candidats qui excellent en zèle apostolique, ont le courage de proclamer la doctrine du Christ et montrent amour pour tout ce qui est saint et sacré, sont délibérément éliminés.
Un Nonce m’a dit une fois: « Il est dommage que le Pape [Jean-Paul II] ne prenne pas part personnellement à la désignation des évêques. Le Pape a essayé de changer quelque chose dans la Curie Romaine, sans toutefois y réussir. Il devient âgé et les choses reviennent à l’habituelle méthode précédente ».
Au début du pontificat du Pape Benoît XVI, je lui avais écrit une lettre l’implorant de nommer des évêques saints. Je lui avais rapporté l’histoire d’un laïc allemand qui face à la dégradation de l’Eglise dans son pays après le Concile Vatican II, était resté fidèle au Christ et rassemblait des jeunes pour l’adoration et la prière. Cet homme était proche de la mort et quand il apprit l’élection du nouveau Pape il dit: « Quand le Pape Benoît aura utilisé son pontificat nommant des évêques dignes, bons et fidèles, il aura rempli sa mission ». Il est malheureusement évident que le Pape Benoît n’a pas souvent réussi dans cette matière. Il est difficile de croire que le Pape Benoît ait renoncé librement à son ministère de successeur de Pierre. Le Pape Benoît était le chef de l’Eglise, son entourage toutefois a été loin de traduire en actes ses enseignements, les a souvent contournés dans le silence ou a même fait obstruction à ses initiatives pour une authentique réforme de l’Eglise, de la liturgie, de la manière d’administrer la Sainte Communion. Compte tenu du grand secret au Vatican, il était concrètement impossible pour de nombreux évêques d’aider le Pape dans son service de chef et gouverneur de toute l’Eglise.
Il n’est pas superflu de rappeler à mes frères dans l’épiscopat une affirmation de la part d’une loge maçonnique italienne en l’an 1820: « Notre œuvre est une œuvre de 100 ans. Laissons de côté des vieux et adressons nous aux jeunes. Les séminaristes deviendront des prêtres avec nos idées libérales. Ne nous berçons pas dans de faux espoirs, nous n’allons pas faire du Pape un maçon. Des évêques libéraux, toutefois, qui travailleront dans l’entourage du Pape, le conseilleront dans la tâche de gouverner l’Eglise et l’introduiront à des pensées et idées avantageuses pour nous, que le Pape mettra en acte. » Cette intention des Maçons est mise en acte de plus en plus ouvertement, pas seulement grâce aux ennemis déclarés de l’Eglise, mais avec la connivence de faux témoins qui occupent quelques offices dans la haute hiérarchie de l’Eglise. Ce n’est pas sans raison que le Bienheureux Pape Paul VI avait déclaré : « L’esprit de Satan est entré par une fissure dans l’Eglise ». Je pense que cette fissure est devenue de nos jours tout à fait large et que le diable utilise toutes ses forces pour subvertir l’Eglise du Christ. Pour éviter cela, il est nécessaire de revenir à la proclamation précise et claire de l’Evangile à tous les niveaux du ministère ecclésiastique, car l’Eglise a tout le pouvoir et la grâce que le Christ lui a donné: « Tout le pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez et de toutes les nations faites des disciples. Apprenez leur à observer tout ce que je vous ai commandé: et moi je serai avec vous toujours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 18-20), « La vérité vous rendra libres » (Jean 8, 32) et « que votre parole soit oui si c’est oui; non, si c’est non: ce qui est en plus vient du Mauvais » (Mt 5, 37). L’Eglise ne peut pas s’adapter à l’esprit du monde, mais doit transformer le monde dans l’esprit du Christ. Il est évident qu’au Vatican il y a une tendance à céder de plus en plus au bruit des médias. Il n’est pas rare qu’au nom d’une tranquillité incompréhensible, les meilleurs des fils et servants soient sacrifiés pour apaiser les médias. Et pourtant les ennemis de l’Eglise ne laissent pas tomber leurs fidèles serviteurs même lorsque leurs actions sont évidemment mauvaises.
Si nous souhaitons rester fidèles au Christ en parole et en acte, Il trouvera Lui-même le moyen de transformer les cœurs et les âmes des hommes et le monde lui aussi sera changé au moment approprié. En des temps de crise de l’Eglise Dieu a souvent utilisé pour son vrai renouveau les sacrifices, les larmes et les prières de ces fils et serviteurs de l’Eglise qui aux yeux du monde et de la hiérarchie ecclésiastique étaient considérés insignifiants ou étaient persécutés et marginalisés à cause de leur fidélité au Christ. Je crois qu’en notre temps difficile, cette loi du Christ se réalise et que l’Eglise se renouvelle grâce au fidèle renouveau interne de chacun de nous. »
1er Janvier 2015, Solennité de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu

+ Jan Pawel Langa

dimanche 5 octobre 2014

L'ÉGLISE EST LA VIGNE BIEN-AIMÉE DE DIEU

Commentaire Pour le XXVII Dimanche du temps Commun - A
Nous l’avions vu durant la lecture de l’épître aux Romains, saint Paul expliquait comment le Peuple juif choisi par Dieu, ayant en quelque sorte récusé l’appel de Dieu, avait cédé sa place à l’Eglise universelle, ordonnée autour de son Chef et des Apôtres.
Cette Église est la Vigne bien-aimée de Dieu. Le Prophète Isaïe chante pour cette vigne un beau cantique, plein d’amour, mais aussi plein d’amertume, parce que cette vigne n’a pas donné les fruits attendus : symbole du peuple juif infidèle à l’amour de Dieu. A l’époque du Prophète, il s’agissait des infidélités répétées du peuple juif et des rappels incessants de Dieu par l’intermédiaire des Juges, des Rois, des Prophètes, parfois aussi par le biais d’épreuves politico-sociales (invasions, déportations). Cette désolation apparaît clairement dans le psaume 79 qui suit.
Jésus, en face des Scribes et des Pharisiens endurcis, reprend l’image de la vigne et complète l’état des lieux par une parabole très humaine et très historique : les serviteurs qui viennent visiter cette vigne représentent les Prophètes qui se sont succédés sur les places d’Israel et qui furent martyrisés les uns après les autres : Isaïe fut scié en deux, Jérémie lapidé, Ezéchiel aussi fut mis à mort, Amos expira après avoir reçu un formidable coup de massue… Puis vint le propre Fils du Propriétaire de cette vigne, Jésus Fils de Dieu. Curieusement, les interlocuteurs de Jésus ne comprennent toujours pas ; alors Jésus leur cite le psaume 117, que nous chantons particulièrement à Pâques : “La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire.”
En rejetant le Messie divin, les responsables juifs ont renoncé à leur vocation ; certes, personne ne les empêchera de se reprendre un jour ; mais en attendant, ce sont les autres nations qui deviendront la Vigne sainte de Dieu. C’est ainsi que la Parole de Dieu, la Bonne Nouvelle, a été portée à toutes les nations du monde, grâce au zèle des missionnaires, des saint François-Xavier ou des saint Pierre-Claver.
Il y a eu dans l’histoire de l’Eglise des périodes plus heureuses, des périodes moins heureuses. Comment qualifier la nôtre ? En beaucoup de régions, le christianisme est foulé aux pieds, il semble que l’indifférence religieuse ait fait beaucoup de ravages, on entend trop souvent parler de persécutions (en Inde, en Indonésie, en Afrique…). Que devons-nous faire, nous, chrétiens du XXIe siècle ? Nous vanter ? Il n’y a pas de quoi. Nous lamenter ? Jamais.
Aux Chrétiens de Philippes, saint Paul suggère des choses très simples à pratiquer : ne pas être inquiet, prier, supplier, respecter le vrai et le noble, le juste et le pur, digne d’être aimé et honoré… En un mot tout ce que peut contenir le mot “vertu”.
“Virtus” en latin exprime tout ce qui est force, virilité, courage. C’est une grâce de Dieu qui nous est donnée à tout instant, pour soutenir nos faibles forces. S. Grégoire de Nysse (IVe s.) écrit que “le but d’une vie vertueuse consiste à devenir semblable à Dieu”.
Relisons, si vous le voulez bien, notre Catéchisme (Abrégé, nn. 377-388), où il est question des vertus “théologales” (Foi, Espérance, Charité), des vertus cardinales (prudence, justice, force, tempérance), des fruits de l’Esprit (charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté). Tous ces mots ne sont pas facilement prononcés à notre époque, où nous entendons plutôt parler de vengeance, de revendications, de plaintes, d’injustices, d’infidélités, d’immoralités de tous genres.
Beaucoup d’entre nous désespèrent : nos enfants n’apprennent rien, la société est mauvaise, il n’y a plus de ceci, plus de cela ; de notre temps… Ces mauvaises jérémiades n’ont pas de sens. La grâce de Dieu est toujours là, et il appartient à chacun d’en profiter et de grandir sans cesse dans la vie divine. Nous n’avons pas de comptes à rendre pour les autres, mais chacun devra répondre de sa propre vie, de ses propres efforts, de ses propres actes.
Et surtout, il nous appartient de nous appuyer sur l’infinie miséricorde et patience de Dieu : “Tu combles bien au-delà de (nos) mérites”, dit la prière de ce jour ; “délivre notre conscience de ce qui l’inquiète, donne-nous plus que nous n’osons demander”. Prière de confiance, constructive, qui nous élèvera vraiment vers Dieu, en nous redonnant de l’élan pour notre marche quotidienne. Et surtout, après avoir reçu en nous le Corps du Christ, ne cachons pas ce Trésor derrière les soucis de monde, mais considérons bien que c’est avec ce Trésor que nous aurons la force de progresser toujours plus vers la Perfection.
Abbé Charles Marie de Roussy

jeudi 9 mai 2013

LE SERVITEUR SOUFFRANT


NOTRE LIBRAIRIE VOUS PROPOSE:


LE SERVITEUR SOUFFRANT
par Paulette Leblanc — 10,48x21 cm
528 pages

Une belle approche sur le texte d'Isaïe. Paulette nous livre ici un ensemble très pertinent de méditations sur le "serviteur souffrant".
Ses commentaires très érudits sur ces belles pages de l'ancien Testament nous font découvrir les beautés du Nouveau et l'insondable souffrance de Jésus lors de sa Passion.

PRIX :       25,50 €

ALEX-DIFFUSION
12, rue Boudet
51100 REIMS

REDÉCOUVRIR L'EUCHARISTIE

NOTRE LIBRAIRIE VOUS PROPOSE :



REDECOUVRIR L’EUCHARISTIE
par Paulette Leblanc — 10,48x21 cm
560 pages

Le sacrement par excellence semble de nos jours ne pas être l’objet de nos dévotions et de notre adoration la plus sincère…
Paulette Leblanc, tout le long de 560 pages nous fait “redécouvrir” ce Sacrement qui est le “plus grand miracle” de la divine Sagesse.

PRIX :       17,50 €

ALEX-DIFFUSION
12, rue Boudet
51100 REIMS

mardi 7 mai 2013

TRANSMETTRE NOS VALEURS


“Ne fermons pas notre cœur"

 

 


"Aujourd'hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur." Jésus demanda un jour à ceux qui L'écoutaient de "devenir parfaits comme le Père céleste est parfait." Or, devenir parfait "comme l'est le Père Céleste", c'est tout simplement devenir un saint; et pour devenir un saint, il faut écouter la Loi du Seigneur, c'est à dire sa Loi d'amour, afin de bien la connaître et la mettre en pratique. Décidément, tout nous ramène à la Loi de Dieu.

 

La Loi de Dieu, c'est la vérité. Et nous savons que la Vérité de Dieu, sa Loi d'amour, c'est d'abord l'amour, donc la charité. Jésus nous a dit: "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." Nous aimons-nous vraiment comme Jésus nous a aimés? Jésus a dit aussi: "Aimez vos ennemis… Bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous font du mal…" Ces vraies paroles de Dieu sont difficiles à comprendre, mais, lorsque, parfois, nous les mettons en pratique, nous trouvons la paix, la paix intérieure, car nos cœurs s'apaisent, et la paix extérieure car nous comprenons, au moins un peu, que nos ennemis souffrent aussi.

 

La sainteté consiste à aimer, à aimer tous nos frères, même ceux qui nous agacent. Et ils sont nombreux, nos frères qui nous agacent! Comment, alors, commencer à les aimer vraiment? Tout d'abord, en évitant de nous énerver, de nous mettre en colère contre eux, même quand nous sommes seuls. Car lorsque nous nous mettons en colère, nous laissons passer beaucoup de choses cachées nos cœurs humains, qui peuvent aussi être des jugements entachés de haine. Les cœurs des hommes souffrent beaucoup aujourd'hui, pour de multiples raisons, mais il semble que la plus dramatique de toutes ces raisons, c'est la perte de Dieu pour un si grand nombre de nos frères. Quand nous pensons un peu aux drames que nous voyons, nous comprenons mieux l'agonie de Jésus. Et il devient évident que ces drames sont tous causés par l'absence de Dieu et l'oubli de la morale la plus élémentaire, parce que les vraies valeurs humaines ne sont plus transmises à nos contemporains depuis près de cinquante ans.

 

Certaines émissions de télévisions sont parfois très intéressantes, lorsqu'on les choisit bien. Cependant d'une manière générale, ces émissions omettent presque toujours, et délibérément, de transmettre l'Évangile et la Loi de Dieu; nous ne devons donc pas nous étonner de voir le monde dans l'état où il se trouve. En ce qui concerne les problèmes d'aujourd'hui, liés à l'éducation, donc à la transmission des valeurs chrétiennes, c'est le silence total. Pourtant, si nous voulons redonner du bonheur à notre monde, nous devons  lui redonner la Loi de Dieu et son amour, donc, de notre part, la transmettre.

 

Il apparaît urgent, aujourd'hui, pour le bien de l'ensemble de la population, de transmettre tout ce qui a trait à la culture judéo-chrétienne. Mais comment nous faudra-t-il, aujourd'hui, commencer à transmettre? Tout d'abord, il faudrait commencer par la culture française, en évoquant, au passage, les bases essentielles des rapports sociaux harmonieux, donc la morale. Enfin, il faudra  transmettre Dieu. C'est une évidence et il faut faire très vite, car aujourd'hui, beaucoup de français pensent que nous sommes au bord d'une révolution sanglante.

 

Les premières questions à se poser sont: comment revenir en arrière? Comment réparer les dégâts effroyables? Comment redonner Dieu à tous ceux qui ne Le connaissent pas encore, à ceux qui L'ont perdu, y compris les vieillards. Comment chasser Satan qui a investi tous les rouages de nos sociétés? 

 

Nous devons transmettre nos vraies valeurs et pas les fausses valeurs qui nous ont envahis. Ainsi, l'homosexualité n'est pas une valeur. L'euthanasie et l'avortement encore moins. Comment d'abord, ré-enseigner les enfants et les jeunes en trouvant des éducateurs qui seront capables de se faire respecter, de se faire comprendre? La tâche sera très dure, car aujourd'hui, ce ne sont plus les professeurs qui se font écouter et respecter, mais les élèves qui n'hésitent pas à insulter, battre, voire tuer leurs éducateurs. Il est certain que les réseaux sociaux, donc Internet, peuvent nous aider. Mais comment faire pour que les documents chrétiens destinés à enseigner les membres de notre société, soient lus par ceux à qui ils sont destinés?

 

Nous touchons là un problème essentiel auquel, aujourd'hui nous ne savons pas répondre. Il nous faut donc beaucoup prier pour que le Seigneur éclaire nos générations frustrées et meurtries: les jeunes et les moins jeunes, afin qu'ils reviennent vite à Dieu; prions aussi pour que les personnes compétentes travaillent avec passion à ramener tous leurs amis à l'Amour et à la vérité de Dieu.

 

Paulette Leblanc

vendredi 26 avril 2013

SUR LA MYSTIQUE - III


La mystique et les moyens modernes- II




Nous avons un nouveau pape. Notre pape, un cardinal argentin qui a choisi le nom de François, semble, incontestablement un pauvre de cœur. Nous prions déjà pour lui, de toutes nos forces. Nous espérons aussi qu'il redonnera la foi à notre Église et surtout qu'il travaillera à sa purification. Sera-t-il soutenu s'il veut lutter ouvertement contre les persécutions que subissent tant de chrétiens dans le monde actuellement? Et sera-t-il suivi s'il incite notre Église à revenir à Dieu et au respect de l'Eucharistie, grâce à une liturgie sainte qui nous rappellerait que, dans l'Eucharistie, Jésus est réellement présent. Car l'Eucharistie est une explosion de joie, de bonheur, d'amour, une explosion qui disperse dans le monde entier comme des tempêtes de neige, des milliards d'hosties consacrées qui cachent la présence de Jésus pour chaque qui cherche Dieu. Notre pape devra trouver les moyens pour que cela soit enseigné à tous les enfants du monde.

Il y a autre chose. À Fatima, la Vierge Marie avait demandé la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé, "sinon, la Russie répandrait ses erreurs sur le monde". Nous n'avons pas écouté la Vierge Marie, ni fait exactement ce qu'elle demandait, et la Russie a répandu ses erreurs sur le monde: ce fut la victoire du communisme. À Fatima, Marie demanda aussi que les hommes se convertissent, qu'ils prient, qu'ils reviennent à Dieu, comme elle le fait presque toujours au cours de toutes ses apparitions. Mais les hommes ne veulent rien comprendre…

Notre nouveau pape prendra certainement conscience des dégâts qui montrent combien l'Église est en train de s'autodétruire. Car ils sont grands les dégâts, si grands que même les évêques français en ont pris conscience. Notre nouveau pape redonnera-t-il vie au catholicisme? Mais pourquoi notre monde a-t-il abandonné Jésus? La foi de Dieu n'est plus enseignée, tant de sacrilèges se commettent, même en France… tous les jours. Mais qui est coupable? Depuis cinquante ans on n'enseigne aux gens le contraire de ce que Dieu demande. Ô Seigneur, faîtes que notre pape soit fort pour rendre féconde l'année de la foi proclamée par Benoît XVI…

Seigneur, nous Vous prions. Faîtes que la foi soit nouveau enseignée. Il faut que notre pape parle fort, qu'il mette de l'ordre dans l'Église, qu'il redonne toute sa valeur au sacerdoce, au mariage, à la maternité, à la vie religieuse. Il faut remettre au goût du jour les idées de Dieu, car tout est à refaire: l'unité de l'Église, la foi, l'amour. La Russie a répandu ses erreurs dans le monde, mais, quoique lentement, elle revient à Dieu. Et nous, nous devons prier le Cœur Immaculé de Marie. Et peut-être que nous devrions revenir à ce que l'on appelait autrefois la mystique, c'est-à-dire la relation qui doit exister entre tous les hommes et Dieu. Voici, en résumé, ce qu'est un mystique.

Un mystique, c'est d'abord un homme de prière, d'oraison. L'homme qui fait oraison est uni à Dieu; il connaît la Loi de Dieu et cherche à la faire connaître, car la Loi de Dieu c'est le bonheur de l'homme. La mystique, c'est la spiritualité, c'est vivre avec Dieu. Tout est triste aujourd'hui autour de nous. Seule la mystique nous redonnera le bonheur.

Trouver Dieu et pouvoir le faire passer aux hommes est un vrai défi aujourd'hui. Comment faire connaître le désir de Dieu, le désir de Le rencontrer? Car pour les hommes la rencontre avec Dieu, c'est l'essentiel. D'où un retour à la mystique, mais la vraie mystique, celle qui permet de vivre avec Dieu. Retour au spirituel, car nous sommes les créatures de Dieu, nous Lui appartenons et Lui seul décide ce qui nous convient.  Les hommes semblent décider tout seuls, en fait Dieu propose mais laisse aux hommes leur liberté totale. Pourtant, le monde ne s'est pas fait tout seul.

Il faut encore revenir à la création; la Bible dit que Dieu modela l'homme avec un peu de boue: bien sûr, c'est une image car nous ne saurons jamais ce qui s'est passé lors de la création. L'univers a été fait par Dieu, mais comment? Nos scientifiques s'acharnent à découvrir ce qui s'est passé, au début de la création. Ils ont découvert le Bigbang. Mais ils découvrent aussi qu'il y a "quelque chose" derrière, mais ils ne savent pas quoi… Ils butent, car pour l'instant, nous ne savons pas aller derrière le Bigbang. Il me semble que nous ne pourrons jamais y aller, du moins tant que nous serons sur la terre, car c'est l'affaire de Dieu, et de Dieu seul. Quoi qu'il en soit, nous pouvons toujours imaginer, compte tenu des toutes nouvelles théories physiques concernant la constitution de la matière, qui serait faite d'ondes. Ainsi, peut-être, Dieu, un jour, envoya une onde, créant l'univers fait de matière. Bien plus tard, si nous considérons notre temps à nous, il envoya, dans le monde des êtres vivants qu'Il venait de créer, une nouvelle onde, un peu comme la foudre, et un être vivant qui se tenait debout reçut l'esprit. L'Homme était créé… Quand on est un scientifique, on peut toujours imaginer… Mais seul Dieu pourra, s'il le veut, nous révéler sa Vérité. 

Précisons notre réflexion imaginative. Les animaux, faits de matière, avaient reçu une certaine sensibilité. Quand Dieu envoya le "coup de foudre" qui insuffla l'esprit dans l'animal qui se tenait debout, l'homme fut créé. Oui, Dieu donna l'esprit à l'homme, l'esprit que seuls, sur la terre, les hommes possèdent. À partir de là surgissent mille questions dont on ne peut trouver les réponses que dans la Bible, le catéchisme, l'Évangile. Mais poursuivons notre réflexion… Dieu, nous ne pouvons pas Le voir car nous sommes, dans notre atmosphère terrestre, comme des poissons dans l'eau. L'eau est le milieu vital du poisson, et si le poisson sort de l'eau, il meurt. De même, si l'homme sort de l'air atmosphérique il meurt. Allons encore plus loin: Dieu ayant donné une toute petite part de son esprit aux hommes, Dieu est devenu le milieu vital de l'homme; et si l'homme sort de son milieu vital, il meurt. Et nous sommes bien obligés de constater que notre monde contemporain ayant voulu sortir de Dieu, son milieu vital, est en train de mourir. Comment cela peut-il se passer?

Depuis l'origine de l'homme, Satan cherche à le tuer en le faisant sortir de son milieu vital qui est Dieu. Aujourd'hui il semble réussir, et une grande part de l'humanité a quitté son milieu vital. Et, continuant à suivre les conseils délétères de son plus cruel ennemi, les hommes croient avoir trouvé un nouveau milieu vital: l'athéisme. En réalité, l'humanité meurt.  De toute urgence les hommes doivent quitter le monde des athées et retrouver leur vrai milieu vital: Dieu. Et nous savons que Dieu, qui est toute miséricorde, nous pardonnera, car nous ne savons pas ce que nous faisons. Oui, Dieu nous pardonnera, mais à condition, toutefois, que, reconnaissant nos erreurs, nous nous repentons. Or, se repentir, c'est trouver Dieu, Lui parler, reconnaître sa puissance et sa bonté, c'est donc devenir mystique.

FIM
Paulette Leblanc

SUR LA MYSTIQUE - II


La mystique et les moyens modernes - I



À partir de maintenant, il est difficile de poursuivre notre réflexion sans juger ceux qui ont participé à la dégradation dramatique de notre civilisation. Nos contemporains "anciens", ou bien ont tout perdu de leur foi chrétienne[1],  ou bien, ils ne comprennent plus rien à ce qui s'est passé et continue de se passer: alors, quelle souffrance! Pourtant il faut revenir à Dieu. Mais que donner à nos jeunes foyers qui reviennent un peu l'Église? Comment donner Dieu aux hommes qui Le cherchent? À travers les moyens techniques modernes? Certainement, mais nous avons pris tellement de retard par rapport aux actions de Satan: la télévision est infestée, la radio, sauf dans les voitures, est peu écoutée, et son niveau intellectuel et spirituel n'est pas très élevé. Il reste Internet. Mais Internet est déjà infecté. D'où un autre sévère constat.

Revenons quarante ans en arrière. Que de responsables religieux disaient que les fidèles devaient, pour mieux évangéliser… suivre la mode, au moins un peu, pour être dans le monde, sans être du monde. En fait la mode s'arrêtait aux vêtements, au superficiel, et l'essentiel a été oublié: l'enseignement a été négligé; le Concile Vatican II dont tout le monde parlait sans l'avoir jamais lu, a été tordu; les moyens techniques qui auraient pu devenir d'extraordinaires moyens d'évangélisation, méprisés. Ce fut partout une véritable invasion diabolique, "pour une durée de 1000 ans", conformément aux prédictions du chapitre 20 de l'apocalypse? Nous ne savons pas. Mais en attendant, que faire? Aujourd'hui, comment l'Église peut-elle retrouver son unité, réinvestir les médias, rééduquer les peuples? La tâche est immense et Dieu seul peut la réaliser; mais nous, nous devons prier, espérer. Oui, espérer, mais pas en demeurant inerte; il faut espérer, mais en témoignant, en aimant, en servant, en priant. Que tous ceux qui le peuvent témoignent, se convertissent et fassent pénitence, selon les conseils de la Sainte Vierge Marie dans toutes ses nombreuses apparitions. Les chrétiens doivent tous redevenir des mystiques.

Et puis, il faut recommencer à enseigner, dans les familles, dans les écoles, et par l'intermédiaire des moyens modernes de communication: télévision, radio, internet. Que de travail! Les chrétiens doivent aussi retrouver leur unité et soutenir les communautés nouvelles et traditionnelles, les seules qui aient des vocations. Ils doivent aussi convertir les prêtres; non, ce n'est pas une exagération... Presque tous nos prêtres sont âgés: plus de 70 ans, voire 75 dans de nombreux diocèses. Ces pauvres prêtres ont dû traverser tant d'épreuves, surtout depuis 1968. Cependant on peut se demander parfois, s'ils ont encore la foi? Quelques jeunes prêtres arrivent, pleins de joie et de foi. Nous les aimons beaucoup, mais souvent leur manque de formation nous étonne. Les quelques séminaires où ils ont été préparés, ont-ils été infestés, eux aussi? Comment faire retrouver Dieu et Le faire aimer? Satan a tellement tout envahi… et en plus, il y a maintenant l'islamisme… Et comme notre Église, en France, a oublié d'enseigner le catéchisme depuis plus de 50 ans, nos enfants et nos adolescents qui cherchent Dieu se convertissent à l'islam, même les filles, ce qui est tout de même surprenant! Mais quand on cherche Dieu, on va là où l'on peut Le trouver.

Seigneur, hâtez-vous de revenir! Apprenez-nous à enseigner la foi, Dieu et la morale, ce pauvre mot que l'on a banni et remplacé par l'éthique… Seigneur, redonnez la foi à tous nos contemporains. Faites qu'ils vous connaissent et qu'ils vous aiment! Faites que nous nous convertissions tous, et que nous vous aimions vraiment: alors seulement nous aimerons notre prochain. Car il faut d'abord aimer et servir Dieu avant d'aimer et de servir notre prochain. Et surtout, Seigneur, apprenez-nous à vous chercher, à vous rencontrer, à vivre avec vous, pour mieux vous connaître, mieux vivre vos commandements d'amour, et être de vrais mystiques, donc des chrétiens heureux. Sommes-nous tous appelés à devenir des mystiques? Probablement.

Nous avons un nouveau pape, dont le nom est François. Il fut pendant des années un cardinal pauvre, très près de tous ceux qui avaient de grands besoins, matériels et spirituels. D'où le nom qu'il s'est choisi. Mais il est jésuite, et peut-être a-t-il pensé à saint François-Xavier. Peut-être sera-t-il un pape missionnaire, voulant convertir le monde et lui redonner le Christ, poursuivant le travail de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Peut-être que sur ses demandes, l'Église sera conduite à ré-enseigner la vérité de Dieu, revenir à ses commandements qui sont sa Loi d'amour. Que de souffrances sont en vue pour lui, physiques comme pour Jean-Paul II et morales comme pour Benoît XVI.

À SUIVRE
Paulette Leblanc




[1] Au moins 85% des personnes qui vivent dans les maisons de retraite ne connaissent plus Dieu.