samedi 26 mai 2018


ADORATION

Dieu est Amour. Il est infini, vraiment sans limite, l'infini total que nos petits esprits limités ne peuvent même pas imaginer. Nous ne pouvons pas imaginer Dieu infini, même quand nous essayons de nous représenter les infinis du cosmos, ce cosmos qui est peut-être constitué de nombreux cosmos. Pourtant, nous essayons de placer notre système solaire au sein de l'un de ces cosmos, ainsi que notre toute petite terre, minuscule cellule perdue dans cet univers. Et sur cette minuscule terre, vivent 7 milliards d'hommes. Ces hommes ne sont rien, perdus dans le cosmos, et pourtant chaque homme possède une intelligence, et dans son milieu, chaque homme dispose d'une certaine liberté. Oh! Cette liberté est bien étroite, mais elle est adaptée à l'amour que Dieu veut nous donner. Et là, nous ne comprenons plus…
Qu'est-ce que l'homme, qu'est-ce que ce petit quelque chose perdu dans l'univers, ce rien qui n'est presque rien, mais un rien qui existe et qui est soumis à toutes les lois de la nature, un rien qui pourtant est capable d'amour et de choix, choix limités à son milieu terrestre, mais libre pour rencontrer Dieu? L'homme est libre et intelligent bien qu'il ne soit qu'un minuscule petit quelque chose perdu dans l'univers. Soudain nous avons peur. Qu'est-ce que l'homme? Et que suis-je?


Dieu est amour et Il est infini. Et Dieu crée des hommes, tout petits-petits, mais à qui Il donne la vie, c'est-à-dire une infiniment petite parcelle de sa Vie, parcelle qui est pourtant la Vie de Dieu. Dieu nous confie une conscience, une intelligence et Il nous donne ainsi la possibilité de Le découvrir, de découvrir son existence et en même temps notre propre existence et notre petitesse. Et nous voyons que nous sommes totalement dépendants de Lui. Nous sommes des créatures de Dieu, infiniment petites, et pourtant Dieu nous aime car nous sommes son œuvre merveilleuse qu'Il crée en permanence. Dieu est UN, et infini. Forcément, nous qui sommes finis, nous sommes en Lui, l'Infini, car Infini Il rempli tout et hors de l'Infini il n'y a rien. Mais cet "hors de l'infini" ne peut pas exister, car, en réalité, Dieu ne remplit rien car RIEN n'existe pas. Nous comprenons mieux alors que Dieu seul EST. Dieu seul EST, et quand nous disons qu'Il remplit tout, nous nous exprimons mal, car Dieu seul Est, et l'expression que nous disons: "Dieu remplit tout" est mauvaise car ce "tout" n'existe pas. Avec nos seuls mots humains, nous n'arrivons pas à exprimer ces choses correctement parce que nous sommes trop petits. De plus, notre intelligence limitée réduit forcément Dieu à ses propres dimensions de créature, et aux dimensions de la création, petite elle aussi par rapport à Dieu bien qu'elle nous paraisse grande. D'ailleurs quand nous parlons de Dieu, nous Le réduisons forcément à notre taille à nous qui sommes si petits…
Dieu, nous ne pouvons pas l'imaginer; toute sa création est en Lui, dans sa Grande Main, et cela, c'est inexprimable. Les infinis, ce que nous appelons les infinis du cosmos, sont en Dieu et ils ne peuvent sortir de Dieu. Nous ne pouvons sortir de Dieu qui nous pense en permanence, qui nous donne sa Vie et nous vivons de son amour. Nous sommes perdus en Dieu et nous ne pouvons Le quitter. Nous dépendons totalement de Dieu, de la Pensée de Dieu. C'est tellement immense, tellement infini qu'il est impossible à notre petite intelligence finie, de saisir une telle réalité. La seule chose que nous pouvons comprendre c'est que Dieu nous a donné une petite liberté, celle de L'aimer, donc de Le connaître pour pouvoir d'abord L'aimer, mais aussi, hélas! Le refuser, car on ne peut aimer, ou refuser, que ce que l'on connaît.
La foi et la raison vont vraiment de pair: cela, personne ne peut le nier. Plus nous réfléchissons, et plus nous adorons Dieu Créateur.
Paulette Leblanc

AIMER

Je suis tellement émerveillé par l’Amour que Dieu nous donne, je suis tellement émerveillé de Dieu, émerveillé de l’Amour, l’Amour de Dieu, l’Amour qu’est Dieu, l’Amour qui est la substance de Dieu, l’Amour qui est l’Être même de Dieu, que je ne peux m’empêcher de méditer encore sur l’Amour pour mieux Le contempler, pour mieux L’aimer.


Mon Dieu, je Vous contemple, Dieu-Amour, je Vous contemple mon Dieu, je Vous contemple et je Vous aime. Je Vous aime d’un pauvre amour, d’un amour à ma taille, d’un amour à mon échelle, mais d’un amour qui me comble, car cet amour vient de Vous. C’est Vous mon Dieu, c’est Vous Jésus qui me donnez l’Amour avec lequel je Vous aime.
C’est Vous mon Dieu qui m’avez aimé le premier, je ne sais pas pourquoi. Vous m’avez aimé parce que Vous avez fait les hommes pour Vous. En les créant, vous les aimiez déjà. En les façonnant à votre image Vous pensiez qu’un jour ils feraient vos délices... Un jour de votre éternité, l’éternel "Aujourd’hui" de votre éternité, les hommes enfin revenus à Vous, revenus à l’Amour, à votre Amour, Vous aimeraient d’amour et feraient votre joie, et feraient vos délices.
Vous nous aimez Seigneur, Vous nous avez faits pour ça, pour être aimés de Vous. Et nous Vous aimerons, c’est sûr, car Vous voulez que nous Vous aimions: c’est notre liberté, notre vraie liberté, celle qui est d’amour, qui dit “oui” à l’Amour. Et nous serons en Vous, et nous vivrons en Vous, et nous ne Vous quitterons plus, jamais. Le ciel, c’est cela, car le Ciel c’est l’Amour.
Je Vous contemple Jésus, et j’essaie de comprendre ce que c’est que l’Amour, l’Amour véritable, l’Amour dont Vous nous aimez, l’Amour que Vous nous partagez, l’Amour qui est Vous. L’Amour qui fait que l’on devient un peu Vous quand on Vous aime vraiment. 
Aimer! Aimer, c’est avoir du plaisir, de la joie, un bonheur infini à demeurer ensemble. Aimer, c’est partager ce qu’on est avec l’autre que l’on aime. L’amour c’est un échange permanent de ce qu’est l’un avec tout ce qu’est l’autre. Aimer c’est vouloir devenir l’autre. C’est penser comme lui, c’est vouloir comme lui, c’est aller avec lui dans la même direction, c’est partager le même bonheur, parfois les mêmes peines ou les mêmes soucis...
Aimer, c’est tout donner pour tout recevoir. Aimer c’est devenir l’autre tout en restant soi-même, car nul ne peut aimer s’il n’a pas su garder son “être”, l’être qu’il est et qui fait qu’il est aimé. On n’aime pas un fantôme, un ectoplasme. On n’aime qu’une personne vivante, pensante, aimante, capable de comprendre l’amour qu’on a pour elle et de pouvoir le rendre. Car l’amour est relation. S’il n’y a pas un autre, il n’y a pas d’amour. L’amour est l’opposé de l’égoïsme: l’amour est compagnie, l’égoïsme est  effrayante solitude.
Mon Dieu, je Vous aime. Je Vous aime parce que Vous m’aimez d’un Amour qui me crée. Si Vous ne m’aimiez pas, je n’existerais pas. C’est pour cela Jésus que les saints ont eu parfois si peur de Vous perdre. Je sais bien, comme l’a appris peu à peu l’épouse du Cantique des cantiques, que l’Époux a ses occupations, qu’il a sa liberté, et que l’épouse n’a pas à le retenir pour elle seule. Je sais, mais, comme l’épouse du Cantique, quand Vous êtes absent je suis bien malheureux, et je Vous cherche. Je vous cherche chez vos amis, je Vous cherche dans la ville, je Vous cherche dans le monde, je Vous cherche partout. Et j’implore les gardes: “Avez-vous vu Celui que mon cœur aime?”
Les gardes n’ont jamais vu Celui que mon cœur aime... Les gardes ne savent pas que Celui que mon cœur aime n’est jamais loin de moi, mais qu’Il est caché tout au fond de mon cœur. Et qu’Il m’attend! Mais moi je ne sais pas toujours le trouver, et je m’agite au dehors, alors qu’Il est dedans.
Car aimer c’est aussi, c’est surtout garder tout au fond de son cœur l’Amour qui nous aime. Aimer c’est conserver sans cesse tout au fond de son cœur, l’Amour qui s’y cache pour mieux nous faire comprendre que Lui aussi nous attend. Il veut que nous Le cherchions pour connaître la joie immense des retrouvailles, Il veut que nous Le cherchions pour mieux découvrir sa tendresse et sa sollicitude. Il veut que nous Le cherchions pour nous faire faire l’expérience de sa Miséricorde. Et de l’amour sans faille, de l’amour partagé naît la confiance, la confiance qui est aussi amour, car c’est l’Amour qui se fie à l’amour, et l’amour qui dit oui à l’Amour: réciprocité étonnante de l’amour!...
Jésus! Quel Amour que le vôtre ! Jésus, Vous Vous cachez parfois pour bien nous faire comprendre qu’aimer c’est aussi espérer. Car l’espérance naît de la confiance, donc l’espérance naît de l’amour. L’Espérance est fille de l’Amour, de l’Amour qui nous attend... 
Curieuse Trinité: la foi, l’espérance et la Charité. De la foi jaillit l’amour. De la foi unie à la charité, naît l’espérance.
Paulette Leblanc

LES DIX COMMANDEMENTS DE DIEUET LES BÉATITUDES

Souvent, mes amis, vous m'avez entendu parler, globalement, des dix commandements de Dieu, commandements de Dieu que depuis plus de cinquante ans notre société a rejetés. Pourtant, et cela Jésus l'a toujours enseigné, les commandements de Dieu sont, pour nous les hommes, la vraie source du bonheur. D'ailleurs, les béatitudes qu'Il a énoncées en sont la meilleure des preuves.


Revoyons d'abord les quatre premiers commandements du Décalogue qui concernent surtout Dieu. Ces 4 premiers commandements ne parlent que de notre relation avec Dieu et avec nos parents et nos supérieurs. Et ces quatre commandements ont été repris par Jésus disant à un jeune homme qui lui demandait quel était le plus grand commandement:
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu... Voici le premier et grand commandement. Et le second lui est semblable: tu aimeras ton prochain comme toi-même. Le premier grand commandement selon Jésus, et le deuxième qui lui est semblable, résument les 4 premiers commandements du Décalogue dont voici la version adressée aux catéchumènes.

-Premier commandement: Un seul Dieu tu aimeras et adoreras parfaitement.
-Deuxième commandement: Son saint nom tu respecteras, fuyant blasphèmes et faux serments.
-Troisième commandement: Le jour du Seigneur tu garderas, en servant Dieu dévotement.
-Quatrième commandement: Ton père et ta mère tu honoreras, tes supérieurs pareillement.

Nous sommes bien obligés de constater que les 3 premiers  commandements n'ont rien de terrifiant car ils s'adressent à Dieu que nous devons adorer et respecter comme notre Créateur et notre Père. Quant au 4e commandement qui demande d'assister ceux qui nous ont élevés et tellement servis sur la terre, les hommes encore normaux ne peuvent que l'apprécier et être d'accord avec son terme de respect.
Et voici la suite du Décalogue, accompagnée des Béatitudes qui correspondent aux commandements:

-Cinquième commandement: Meurtre et scandale éviteras, haine et colère également. Tu ne commettras pas de meurtre, ou plus simplement, tu ne tueras pas.
Jésus dit, dans une de ses Béatitudes: Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Les doux ne sont pas ceux qui sont emportés par la haine, le scandale ou la colère. Ils aiment tout simplement leur prochain comme eux-mêmes. Et chez ceux qui sont doux, la paix règne, et ils sont vraiment heureux, comme le déclare également Jésus: Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

-Sixième commandement: La pureté tu observeras, en tes actes soigneusement. Tu ne commettras pas d'adultère. Le 9e commandement lui est presque semblable:
-Neuvième commandement: En pensées, en désirs tu veilleras à rester pur entièrement.
Jésus a rassemblé ces deux commandements qui, en fait, n'en font qu'un, en disant: Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

-Septième commandement: Le bien d'autrui tu ne prendras, ni retiendras injustement. Ou plus simplement: Tu ne commettras pas de vol. Ce 7e commandement rejoint le 10e:
-Dixième commandement: Bien d'autrui ne convoiteras pour l'avoir malhonnêtement. Ces deux commandements sont résumés dans la Béatitude de Jésus concernant la pauvreté du cœur, c'est-à-dire la vertu de ceux qui ne connaissent pas la jalousie: Heureux les pauvres en esprit, (ou de cœur) car le Royaume des Cieux est à eux.

-Huitième commandement: La médisance tu banniras et le mensonge également. Ce 8e commandement rejoint le 2e qui demande de fuir les faux serments, lesquels sont incontestablement des manques de respect envers Dieu. Il n'y a pas de béatitude correspondant à ce 8e commandement, mais nous savons par expérience que les hommes ne peuvent pas vivre correctement dans le mensonge; notre société moderne en est un exemple particulièrement révélateur. Par contre, on peut lier ce 8e commandement à la Béatitude concernant les cœurs purs, car ils verront Dieu. N'oublions jamais que le mensonge de Satan adressé à Ève et associé à l'orgueil, constitue le péché originel qui a séparé les hommes de Dieu.
Maintenant, nous devons constater que Jésus s'attarde beaucoup sur la justice qui, en vérité, naît de l'observance de tous les commandements de Dieu, et spécialement des 5e, 7e, et 10e. En effet, lorsque Jésus dit: Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux, ne pense-t-Il pas alors réellement aux miséricordieux, ces bienheureux qui obtiendront miséricorde et seront heureux eux aussi parce qu'affamés et assoiffés de la justice, ils seront rassasiés.
Mes chers amis, nous du XXI siècle, qui sommes tellement affligés par tout ce que nous constatons dans notre monde en péril car allant partout à l'encontre de Dieu, via les guerres, les attentats, les persécutions de toutes sortes, les avortements, l'euthanasie, le sexe et maintenant le transhumanisme, nous devons rester heureux, car observant tous les commandements de Dieu, même si nous sommes affligés nous sommes heureux car nous serons consolés, suivant la Béatitude de Jésus: Heureux les affligés car ils seront consolés.
Mes amis, Dieu qui nous aime, car c'est Lui qui nous a créés et façonnés à son image, Dieu ne veut que notre bonheur, mais à condition que nous respections ses commandements d'amour, lesquels ne sont, si nous les comprenons bien, que les lois naturelles de la vie en société. Ces commandements d'amour sont aussi les conditions indispensables pour que la vie des hommes soit parfaitement équilibrée, donc heureuse. Nous sommes encore une fois revenus au bonheur…
Mes amis, regardons attentivement les malheurs qui surviennent partout autour de nous parce que les commandements de Dieu ont souvent été présentés comme des contraintes inadmissibles. De plus, nous avons chassé Dieu. Prions beaucoup pour que nos contemporains retrouvent tous la foi, et sachent la transmettre à nos enfants et à nos jeunes. Prions pour que nos prêtres et nos religieux redeviennent les passionnés de Dieu et de Jésus-Christ qu'ils ont su être pendant des siècles. Prions pour que nous tous, nous sachions enseigner les commandements de Dieu, les commandements de l'amour et du bonheur.
Et si nous commencions, nous, à les réapprendre par cœur???
Paulette Leblanc

jeudi 12 février 2015

LETTRE D'UN ÉVÊQUE

Le site Rorate Caeli a publié la courageuse lettre de Mgr Jan Pawel Lenga, évêque émérite du Diocèse de Karaganda au Kazakhstan, traduite sur Benoît-et-moi. Certains passages s’appliquent à la France et à son processus de nomination épiscopale :

« J’ai eu l’expérience de vivre avec des prêtres qui étaient dans les prisons et les camps staliniens et qui sont néanmoins restés fidèles à l’Eglise. Pendant le temps de la persécution ils ont rempli avec amour leur devoir sacerdotal prêchant la doctrine catholique, menant une vie digne dans l’imitation du Christ, leur Maître du Ciel.
J’ai achevé mes études de prêtre dans un Séminaire clandestin en Union Soviétique. J’ai été ordonné prêtre dans le secret, pendant la nuit, par un pieux évêque qui avait lui-même souffert pour amour de la foi. Dans la première année de mon sacerdoce j’ai eu l’expérience d’être expulsé du Tadzhikistan par le KGB.
Par la suite, pendant mes trente années de séjour au Kazakhstan, j’ai servi dix ans comme prêtre, ayant la charge des fidèles dans 81 localités. J’ai ensuite servi 20 ans comme évêque, dans un premier temps comme évêque de cinq Etats d’Asie Centrale, couvrant une aire totale d’environ quatre millions de kilomètres carrés.
Pendant mon ministère d’évêque j’ai été en contact avec le Pape Saint Jean-Paul II, ainsi qu’avec de nombreux évêques, prêtres et fidèles en différents pays et en différentes circonstances. J’ai fait partie de quelques assemblées du Synode de Evêques au Vatican qui traitaient de sujets comme « Asie » et « Eucharistie ».
Cette expérience, ainsi que d’autres, me donnent la compétence pour pouvoir exprimer mon opinion sur l’actuelle crise de l’Eglise Catholique. Ce sont mes convictions et elles sont dictées par mon amour de l’Eglise et par le désir d’un authentique renouveau dans le Christ. Je suis obligé de recourir à ce moyen public d’expression car je crains que toute autre méthode serait accueillie par un mur de silence et d’indifférence.
Je suis conscient des possibles réactions à cette lettre ouverte. Mais, en même temps, la voix de ma conscience ne me permet pas de rester en silence, alors que l’œuvre de Dieu est vilipendée. Jésus Christ a fondé l’Eglise Catholique et nous a montré en paroles et en action comment on doit accomplir la volonté de Dieu. Les apôtres à qui Il a conféré autorité dans l’Eglise, ont rempli avec zèle le devoir qu’Il leur a confié, souffrant pour l’amour de la vérité qu’il fallait prêcher, car ils « obéissaient à Dieu plutôt qu’aux hommes ».
De nos jours, il est malheureusement de plus en plus en plus évident que le Vatican, à travers la Secrétairerie d’Etat, a pris le chemin du politiquement correct. Quelques Nonces sont devenus les propagateurs du libéralisme et du modernisme. Ils sont devenus experts dans le principe du « sub secreto Pontificio », par lequel on manipule et réduit au silence les voix des évêques. Ce que le Nonce affirme leur apparaît comme relevant presque certainement du désir du Pape. Avec de telles méthodes on sépare les évêques l’un de l’autre avec le résultat que les évêques d’un pays ne peuvent plus parler unanimement dans l’esprit du Christ et de Son Eglise, dans la défense de la foi et de la morale. Cela signifie qu’afin de ne pas tomber en disgrâce aux yeux du Nonce, certains évêques acceptent ses recommandations, qui sont parfois basées sur rien d’autre que ses propres paroles. Au lieu de propager avec ardeur la foi, de prêcher avec courage la doctrine du Christ, et de se tenir fermes dans la défense de la vérité et de la morale, les rencontres des Conférences des Evêques traitent souvent de sujets étrangers à la nature des devoirs des successeurs des apôtres.
On peut observer à tous les niveaux de l’Eglise une baisse évidente du sens du « sacrum ». L’ « esprit du monde » nourrit les pasteurs. Les pécheurs donnent à l’Eglise les instructions sur la façon dont elle doit les servir. Dans l’embarras, les Pasteurs restent silencieux sur les problèmes courants et abandonnent les brebis tandis qu’ils se nourrissent eux-mêmes. Le monde est tenté par le diable et s’oppose à la doctrine du Christ. Et néanmoins les Pasteurs sont obligés d’enseigner toute la vérité sur Dieu et les hommes « à temps et à contretemps ». [2 Timothée, 4:2]
Pendant le règne des derniers Papes, on a pu toutefois observer au sein de l’Eglise le plus grand désordre au sujet de la pureté de la doctrine et du caractère sacré de la liturgie, dans laquelle n’est pas accordé à Jésus Christ l’honneur visible qui lui est dû. Dans plus d’une Conférence épiscopale, les meilleurs évêques sont considérés « persona non grata ». Où sont les apologistes de nos jours, qui annonceraient aux hommes de manière claire et compréhensible la menace du risque de la perte de la foi et du salut?
De nos jours la voix de la majorité des évêques ressemble plutôt au silence des agneaux face à des loups furieux, le fidèle est abandonné comme un troupeau sans défense. Le Christ a été reconnu par les hommes comme quelqu’un qui parlait et agissait, comme quelqu’un qui avait pouvoir et ce pouvoir il l’a donné à Ses apôtres. Dans le monde d’aujourd’hui les évêques doivent se libérer de tous liens mondains et, après avoir fait pénitence, se convertir au Christ afin que, renforcés par le Saint Esprit ils puissent annoncer le Christ comme le seul et unique Sauveur. On doit finalement rendre compte à Dieu de tout ce qui a été fait et de tout ce qui n’a pas été fait.
J’estime que la faible voix de nombreux évêques est une conséquence du fait que dans le processus de nomination des nouveaux évêques les candidats sont insuffisamment examinés au sujet de leur fermeté et courage dans la défense de la foi, au sujet de leur fidélité aux traditions séculaires de l’Eglise et de leur dévotion personnelle. En matière de nomination des nouveaux évêques et même des cardinaux il devient de plus en plus évident que la préférence est parfois donnée à ceux qui partagent une certaine idéologie ou à certains groupes étrangers à l’Eglise qui ont commissionné la désignation d’un candidat particulier. Par ailleurs il semble qu’on donne parfois considération aussi à la faveur des médias qui en général raillent les candidats saints en en donnant une image négative, tandis que les candidats qui possèdent en moindre degré l’esprit du Christ sont loués comme ouverts et modernes. Par ailleurs les candidats qui excellent en zèle apostolique, ont le courage de proclamer la doctrine du Christ et montrent amour pour tout ce qui est saint et sacré, sont délibérément éliminés.
Un Nonce m’a dit une fois: « Il est dommage que le Pape [Jean-Paul II] ne prenne pas part personnellement à la désignation des évêques. Le Pape a essayé de changer quelque chose dans la Curie Romaine, sans toutefois y réussir. Il devient âgé et les choses reviennent à l’habituelle méthode précédente ».
Au début du pontificat du Pape Benoît XVI, je lui avais écrit une lettre l’implorant de nommer des évêques saints. Je lui avais rapporté l’histoire d’un laïc allemand qui face à la dégradation de l’Eglise dans son pays après le Concile Vatican II, était resté fidèle au Christ et rassemblait des jeunes pour l’adoration et la prière. Cet homme était proche de la mort et quand il apprit l’élection du nouveau Pape il dit: « Quand le Pape Benoît aura utilisé son pontificat nommant des évêques dignes, bons et fidèles, il aura rempli sa mission ». Il est malheureusement évident que le Pape Benoît n’a pas souvent réussi dans cette matière. Il est difficile de croire que le Pape Benoît ait renoncé librement à son ministère de successeur de Pierre. Le Pape Benoît était le chef de l’Eglise, son entourage toutefois a été loin de traduire en actes ses enseignements, les a souvent contournés dans le silence ou a même fait obstruction à ses initiatives pour une authentique réforme de l’Eglise, de la liturgie, de la manière d’administrer la Sainte Communion. Compte tenu du grand secret au Vatican, il était concrètement impossible pour de nombreux évêques d’aider le Pape dans son service de chef et gouverneur de toute l’Eglise.
Il n’est pas superflu de rappeler à mes frères dans l’épiscopat une affirmation de la part d’une loge maçonnique italienne en l’an 1820: « Notre œuvre est une œuvre de 100 ans. Laissons de côté des vieux et adressons nous aux jeunes. Les séminaristes deviendront des prêtres avec nos idées libérales. Ne nous berçons pas dans de faux espoirs, nous n’allons pas faire du Pape un maçon. Des évêques libéraux, toutefois, qui travailleront dans l’entourage du Pape, le conseilleront dans la tâche de gouverner l’Eglise et l’introduiront à des pensées et idées avantageuses pour nous, que le Pape mettra en acte. » Cette intention des Maçons est mise en acte de plus en plus ouvertement, pas seulement grâce aux ennemis déclarés de l’Eglise, mais avec la connivence de faux témoins qui occupent quelques offices dans la haute hiérarchie de l’Eglise. Ce n’est pas sans raison que le Bienheureux Pape Paul VI avait déclaré : « L’esprit de Satan est entré par une fissure dans l’Eglise ». Je pense que cette fissure est devenue de nos jours tout à fait large et que le diable utilise toutes ses forces pour subvertir l’Eglise du Christ. Pour éviter cela, il est nécessaire de revenir à la proclamation précise et claire de l’Evangile à tous les niveaux du ministère ecclésiastique, car l’Eglise a tout le pouvoir et la grâce que le Christ lui a donné: « Tout le pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez et de toutes les nations faites des disciples. Apprenez leur à observer tout ce que je vous ai commandé: et moi je serai avec vous toujours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 18-20), « La vérité vous rendra libres » (Jean 8, 32) et « que votre parole soit oui si c’est oui; non, si c’est non: ce qui est en plus vient du Mauvais » (Mt 5, 37). L’Eglise ne peut pas s’adapter à l’esprit du monde, mais doit transformer le monde dans l’esprit du Christ. Il est évident qu’au Vatican il y a une tendance à céder de plus en plus au bruit des médias. Il n’est pas rare qu’au nom d’une tranquillité incompréhensible, les meilleurs des fils et servants soient sacrifiés pour apaiser les médias. Et pourtant les ennemis de l’Eglise ne laissent pas tomber leurs fidèles serviteurs même lorsque leurs actions sont évidemment mauvaises.
Si nous souhaitons rester fidèles au Christ en parole et en acte, Il trouvera Lui-même le moyen de transformer les cœurs et les âmes des hommes et le monde lui aussi sera changé au moment approprié. En des temps de crise de l’Eglise Dieu a souvent utilisé pour son vrai renouveau les sacrifices, les larmes et les prières de ces fils et serviteurs de l’Eglise qui aux yeux du monde et de la hiérarchie ecclésiastique étaient considérés insignifiants ou étaient persécutés et marginalisés à cause de leur fidélité au Christ. Je crois qu’en notre temps difficile, cette loi du Christ se réalise et que l’Eglise se renouvelle grâce au fidèle renouveau interne de chacun de nous. »
1er Janvier 2015, Solennité de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu

+ Jan Pawel Langa

dimanche 5 octobre 2014

L'ÉGLISE EST LA VIGNE BIEN-AIMÉE DE DIEU

Commentaire Pour le XXVII Dimanche du temps Commun - A
Nous l’avions vu durant la lecture de l’épître aux Romains, saint Paul expliquait comment le Peuple juif choisi par Dieu, ayant en quelque sorte récusé l’appel de Dieu, avait cédé sa place à l’Eglise universelle, ordonnée autour de son Chef et des Apôtres.
Cette Église est la Vigne bien-aimée de Dieu. Le Prophète Isaïe chante pour cette vigne un beau cantique, plein d’amour, mais aussi plein d’amertume, parce que cette vigne n’a pas donné les fruits attendus : symbole du peuple juif infidèle à l’amour de Dieu. A l’époque du Prophète, il s’agissait des infidélités répétées du peuple juif et des rappels incessants de Dieu par l’intermédiaire des Juges, des Rois, des Prophètes, parfois aussi par le biais d’épreuves politico-sociales (invasions, déportations). Cette désolation apparaît clairement dans le psaume 79 qui suit.
Jésus, en face des Scribes et des Pharisiens endurcis, reprend l’image de la vigne et complète l’état des lieux par une parabole très humaine et très historique : les serviteurs qui viennent visiter cette vigne représentent les Prophètes qui se sont succédés sur les places d’Israel et qui furent martyrisés les uns après les autres : Isaïe fut scié en deux, Jérémie lapidé, Ezéchiel aussi fut mis à mort, Amos expira après avoir reçu un formidable coup de massue… Puis vint le propre Fils du Propriétaire de cette vigne, Jésus Fils de Dieu. Curieusement, les interlocuteurs de Jésus ne comprennent toujours pas ; alors Jésus leur cite le psaume 117, que nous chantons particulièrement à Pâques : “La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire.”
En rejetant le Messie divin, les responsables juifs ont renoncé à leur vocation ; certes, personne ne les empêchera de se reprendre un jour ; mais en attendant, ce sont les autres nations qui deviendront la Vigne sainte de Dieu. C’est ainsi que la Parole de Dieu, la Bonne Nouvelle, a été portée à toutes les nations du monde, grâce au zèle des missionnaires, des saint François-Xavier ou des saint Pierre-Claver.
Il y a eu dans l’histoire de l’Eglise des périodes plus heureuses, des périodes moins heureuses. Comment qualifier la nôtre ? En beaucoup de régions, le christianisme est foulé aux pieds, il semble que l’indifférence religieuse ait fait beaucoup de ravages, on entend trop souvent parler de persécutions (en Inde, en Indonésie, en Afrique…). Que devons-nous faire, nous, chrétiens du XXIe siècle ? Nous vanter ? Il n’y a pas de quoi. Nous lamenter ? Jamais.
Aux Chrétiens de Philippes, saint Paul suggère des choses très simples à pratiquer : ne pas être inquiet, prier, supplier, respecter le vrai et le noble, le juste et le pur, digne d’être aimé et honoré… En un mot tout ce que peut contenir le mot “vertu”.
“Virtus” en latin exprime tout ce qui est force, virilité, courage. C’est une grâce de Dieu qui nous est donnée à tout instant, pour soutenir nos faibles forces. S. Grégoire de Nysse (IVe s.) écrit que “le but d’une vie vertueuse consiste à devenir semblable à Dieu”.
Relisons, si vous le voulez bien, notre Catéchisme (Abrégé, nn. 377-388), où il est question des vertus “théologales” (Foi, Espérance, Charité), des vertus cardinales (prudence, justice, force, tempérance), des fruits de l’Esprit (charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté). Tous ces mots ne sont pas facilement prononcés à notre époque, où nous entendons plutôt parler de vengeance, de revendications, de plaintes, d’injustices, d’infidélités, d’immoralités de tous genres.
Beaucoup d’entre nous désespèrent : nos enfants n’apprennent rien, la société est mauvaise, il n’y a plus de ceci, plus de cela ; de notre temps… Ces mauvaises jérémiades n’ont pas de sens. La grâce de Dieu est toujours là, et il appartient à chacun d’en profiter et de grandir sans cesse dans la vie divine. Nous n’avons pas de comptes à rendre pour les autres, mais chacun devra répondre de sa propre vie, de ses propres efforts, de ses propres actes.
Et surtout, il nous appartient de nous appuyer sur l’infinie miséricorde et patience de Dieu : “Tu combles bien au-delà de (nos) mérites”, dit la prière de ce jour ; “délivre notre conscience de ce qui l’inquiète, donne-nous plus que nous n’osons demander”. Prière de confiance, constructive, qui nous élèvera vraiment vers Dieu, en nous redonnant de l’élan pour notre marche quotidienne. Et surtout, après avoir reçu en nous le Corps du Christ, ne cachons pas ce Trésor derrière les soucis de monde, mais considérons bien que c’est avec ce Trésor que nous aurons la force de progresser toujours plus vers la Perfection.
Abbé Charles Marie de Roussy

jeudi 9 mai 2013

LE SERVITEUR SOUFFRANT


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LE SERVITEUR SOUFFRANT
par Paulette Leblanc — 10,48x21 cm
528 pages

Une belle approche sur le texte d'Isaïe. Paulette nous livre ici un ensemble très pertinent de méditations sur le "serviteur souffrant".
Ses commentaires très érudits sur ces belles pages de l'ancien Testament nous font découvrir les beautés du Nouveau et l'insondable souffrance de Jésus lors de sa Passion.

PRIX :       25,50 €

ALEX-DIFFUSION
12, rue Boudet
51100 REIMS

REDÉCOUVRIR L'EUCHARISTIE

NOTRE LIBRAIRIE VOUS PROPOSE :



REDECOUVRIR L’EUCHARISTIE
par Paulette Leblanc — 10,48x21 cm
560 pages

Le sacrement par excellence semble de nos jours ne pas être l’objet de nos dévotions et de notre adoration la plus sincère…
Paulette Leblanc, tout le long de 560 pages nous fait “redécouvrir” ce Sacrement qui est le “plus grand miracle” de la divine Sagesse.

PRIX :       17,50 €

ALEX-DIFFUSION
12, rue Boudet
51100 REIMS